Au-delà des patients et des médecins, le déremboursement des tests de dépistage suscite également des interrogations chez les épidémiologistes. Des aménagements importants du dispositif de suivi de la situation épidémiologique seront-ils nécessaires ? Telle est la question que posent les dernières conférences de presse organisées par Santé publique France.
En fait, l’agence ne semble pas certaine que le déremboursement des tests impactera de façon majeure les indicateurs sur lesquels se fonde le suivi de l’épidémie, et en particulier le taux d’incidence.
Car comme le rappelait l’instance vendredi 8 octobre, cet indicateur résulte du produit du taux de dépistage et du taux de positivité. Or, si une baisse du premier paramètre est évidemment attendue, le taux de positivité pourrait, lui, augmenter, limitant ainsi le décrochage du taux d'incidence. « Les personnes asymptomatiques, qui devraient renoncer aux tests de confort, [sont souvent négatifs au SARS-CoV-2] », explique Santé publique France.
Cependant, l'agence suggère que la surveillance de l’épidémie pourrait à l'avenir davantage reposer sur l’analyse des eaux usées. « Des projets sont en cours », révèle-t-elle.
À ce titre, l’Académie nationale de médecine évoque le projet Obépine, « premier à établir une corrélation entre les charges virales dans les eaux usées et les indicateurs épidémiologiques classiques », dont elle recommande d’étendre la portée et le financement. L’analyse des eaux des stations d’épuration est en effet une « excellente sentinelle d’une reprise épidémique lorsque le niveau de circulation est bas, dans ce cas avant même les indicateurs épidémiologiques du type nombre de nouvelles infections quotidiennes », plaide l’Académie, citant un avis du Conseil scientifique Covid-19 du mois de mai.
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