Le vaccin d'AstraZeneca associé à des syndromes grippaux de "forte intensité"

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Publié le 12/02/2021
Thermomètre à mercure affichant de la fièvre.

Thermomètre à mercure affichant de la fièvre.
Crédit photo : GARO/PHANIE

Alors qu’à la date d’hier, plus de 2 671 000 Français avaient reçu au moins une dose d’un vaccin contre le covid-19, l’ANSM fait état, dans son dernier point de situation publié ce matin, de deux signaux de sécurité potentiels.

Le premier consiste en des syndromes grippaux « souvent de forte intensité (fièvre élevée, courbatures ou céphalées) » déclarés entre le 6 et le 10 février par 149 professionnels de santé sur les 10 000 ayant reçu une dose du vaccin d’AstraZeneca pendant cette période.

Des symptômes d'intensité anormalement élevée

Si les effets secondaires de ce type sont bien décrits et, comme le précise le Pr Elisabeth Bouvet, présidente de la commission technique des vaccinations à la HAS  résolutifs, sans caractère de gravité et limités au lendemain ou au surlendemain de la vaccination, leur acuité semble surprendre l’agence de sécurité. « Ces déclarations de pharmacovigilance constituent un signal potentiel et font l'objet d'une surveillance particulière […] au regard notamment de l'intensité de ces [syndromes grippaux] », explique en effet l’ANSM. Ainsi l’instance indique-t-elle avoir "partagé cette information à l'EMA". Et ce bien qu’aucune « déclaration équivalente » n’ait été à ce jour été détectée dans d’autres pays d'Europe – dont 21 ont utilisé des vaccins issus du même lot.

Ce que semble en fait craindre l’agence, au-delà de cet effet indésirable lui-même, c’est que le vaccin d’AstraZeneca cloue au lit simultanément des dizaines de milliers de professionnels de la santé. « Afin de limiter le risque potentiel de perturbation du fonctionnement des services de soin, il est recommandé de vacciner de façon échelonnée le personnel d'un même service », préconise ainsi l’ANSM, qui conseille également de recourir systématiquement au paracétamol pour diminuer l’intensité de ces symptômes. « Il est important que les personnes que l’on vaccine avec [le vaccin d’AstraZeneca] soient informées de ce risque de réactogénicité relativement important afin d’anticiper la survenue de ces événements », insiste dans le même esprit Elisabeth Bouvet.

Autre inquiétude : les effets de cette réactogénicité dans des popuations particulières, à l’instar des femmes enceintes. « L’ANSM va communiquer une alerte chez les femmes enceintes puisque des fièvres très importantes peuvent éventuellement être source d’effets [délétères] chez elles », prévoit la Présidente de la HAS, Dominique le Guludec. L’agence devrait ainsi recommander de privilégier les vaccins à ARN pendant la grossesse, si la vacccination est décidée.

Des cas d’hypertension artérielle détectés après administration de Comirnaty

Concernant ces vaccins à ARN, Comirnaty est lui aussi associé à « un signal qui doit être surveillé » : sur les 2 140 cas d’effets indésirables potentiels déclarés suite à l’utilisation de ce vaccin depuis le début de la campagne, 73 concernent en effet une augmentation de la tension artérielle « immédiatement après la vaccination ou de façon différée ». Si l’ANSM se veut rassurante – ces hypertensions « de courte durée et d’évolution favorable » ne « [remettent] pas en cause la sécurité du vaccin », souligne-t-elle – elle préconise toutefois de contrôler la pression artérielle « devant tout symptôme évocateur d’une hypertension artérielle tel qu’un malaise, des maux de têtes, des vertiges » et de traiter cet effet secondaire, le cas échéant.

Le vaccin de Moderna, qui a suscité depuis le 22 janvier 40 déclarations d’effets indésirables, ne fait lui l’objet d’aucun signal de sécurité pour le moment.


Source : lequotidiendumedecin.fr