Alors que des pathologies infectieuses telles que le Covid-19 ou la variole du singe ont récemment beaucoup fait parler d’elles, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) remet les pendules à l’heure. Dans un rapport publié ce 21 septembre, l’instance souligne en effet que « les maladies non transmissibles – maladies cardiaques et accidents vasculaires cérébraux, cancer, diabète et maladies respiratoires – constituent désormais la principale cause de décès dans le monde, devant les maladies infectieuses ».
En fait, ce rapport s’accompagne d’un portail de données sur les maladies non transmissibles. Sont ainsi mises à disposition pour 194 pays, des statistiques récentes sur quatre types de pathologies (maladies cardiovasculaires, cancer, diabète et pathologies respiratoires) et les facteurs de risques qui leurs sont associés (tabagisme, mauvaise alimentation, alcoolisme, manque d’activité physique).
Trois quarts des décès dans le monde dus aux maladies non transmissibles
Tous ces chiffres montrent le poids des maladies non transmissibles sur la santé globale. En effet, l’OMS souligne que ces pathologies sont responsables de 74 % des décès dans le monde, soit de 41 millions de décès annuels, dont 17 millions concernent les moins de 70 ans. Autrement dit, « toutes les deux secondes, une personne de moins de 70 ans meurt d'une maladie non transmissible », a déclaré à la presse à Genève Bente Mikkelsen, en charge du dossier.
Ce fardeau concerne d’abord les pays les moins riches. De fait, selon le rapport, 86% des décès prématurés dus aux maladies non transmissibles surviennent dans les pays à revenu faible et intermédiaire inférieur. L’Afghanistan et la Mongolie seraient les pays qui enregistreraient la prévalence la plus élevée de décès dus aux maladies cardiovasculaires. En cause : des soins et surtout une prévention insuffisante dans les états les plus pauvres.
Tabagisme + mauvaise alimentation = 16 millions de morts
Car la plupart des décès liés aux maladies non transmissibles sont dus à des facteurs de risque évitables. En effet, le tabagisme s’avère à lui seul responsable de plus de huit millions de décès annuels – dont plus d’un million touchent les non-fumeurs, a déclaré Doug Bettcher, conseiller principal du président de l'OMS sur les maladies non transmissibles. De même, huit millions de décès sont attribuables à une mauvaise alimentation – qu’elle soit quantitativement trop ou pas assez importante, ou de mauvaise qualité. Autres facteurs de risque particulièrement meurtriers : l’abus d’alcool, l’inactivité physique ou encore la pollution de l’air. Ainsi, l'OMS appelle à agir sur ces différents éléments. Selon ses estimations, lutter contre ces facteurs de risque évitable permettrait d’épargner 39 millions de vies au cours des sept prochaines années.
Et alors que des mesures de prévention et de traitement sont actuellement insuffisamment mises en œuvre faute de financement dans nombre de pays, le rapport incite à investir contre ces maladies, soulignant que des sommes relativement modestes suffiraient... et permettraient une forme de retour sur investissement. Par exemple, injecter 18 milliards de dollars supplémentaires par an dans les pays les plus pauvres permettrait de générer des avantages économiques nets de 2.700 milliards de dollars au cours des sept prochaines années.
(Avec AFP)
Pause exceptionnelle de votre newsletter
En cuisine avec le Dr Dominique Dupagne
[VIDÉO] Recette d'été : la chakchouka
Florie Sullerot, présidente de l’Isnar-IMG : « Il y a encore beaucoup de zones de flou dans cette maquette de médecine générale »
Covid : un autre virus et la génétique pourraient expliquer des différences immunitaires, selon une étude publiée dans Nature