Entre le 1er janvier et le 9 juin 2016, une infection à Zika virus a été confirmée biologiquement chez 460 personnes revenant de zone de circulation du virus Zika, dont 10 femmes enceintes et 2 cas de complications neurologiques. Cinq cas d’infection à Zika virus par transmission sexuelle ont également été confirmés en métropole.
Pour la seule période entre le 1er mai et le 9 juin, 65 cas de Zika importés ont été confirmés, de même que 29 cas importés de dengue. La région la plus touchée est le Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (17 cas entre le 1er mai et le 9 juin) suivie de la Provence-Alpe-Côte d'Azure (16 cas) et de l'Auvergne-Rhones-Alpes (14 cas).
Un des cas a été décrit dans « Eurosurveillance ». Il s'agit d'un cas infection confirmée chez les deux partenaires d'un couple nantais candidat à une fécondation in vitro.
Première transmission sexuelle par un patient asymptomatique
Le couple est arrivé en France métropolitaine le 17 mars après un séjour de deux semaines en Martinique. À cette date, l'homme était probablement infecté. Au bout d'une période de 39 jours, une PCR réalisée à partir de prélèvements de sperme, de sérum et d'urine a confirmé la présence de virus chez les deux patients.
Le couple s'était rendu à un premier rendez-vous médical en février 2016, une tentative de FIV était programmée pour avril. Un test a été réalisé la veille de la date prévue. De l'ARN viral a été retrouvé dans l'urine et le sang de la femme, ainsi que dans l'urine et le sperme de l'homme. Une analyse sérologique a, par ailleurs, révélé la présence d'immunoglobulines IgM dirigée contre le virus Zika (mais aucun contre la dengue).
Selon les hypothèses établies par les auteurs à partir de la littérature, 95 % des patients infectés par le Zika ont une charge virale sanguine indétectable au bout de 19 jours. Le fait que de l'ARN du virus ait été retrouvé dans le sang de la femme et pas dans celui de l'homme suggère donc que la première a été infectée entre 21 et 36 jours après le retour de la zone épidémique. Comme ni l'Aedes albopictus, ni l'Aedes aegypti ne sont implantés en Bretagne, la seule voie de transmission possible entre les deux membres du couple est la voie sexuelle.
Les médecins sont surtout intrigués par le fait que le couple n'a noté aucun symptôme particulier au cours ou juste après leur séjour en Martinique : fièvre, manifestation cutanée, douleurs articulaires, ou myalgie. « À ce jour, toutes les transmissions par voie sexuelle impliquaient que le cas index avait souffert des symptômes associés à l'infection par le Zika, soit au cours de son séjour dans une zone épidémique, soit au cours des 2 semaines qui ont suivi », précisent les auteurs. Selon eux, « comme près de 80 % des patients infectés par le virus Zika restent asymptomatiques, cette information signifie que la transmission sexuelle pourrait jouer un rôle plus important que prévu dans la dynamique de l'épidémie ». Jusqu'à présent, des transmissions sexuelles du virus Zika ont été reportées jusqu'à 41 jours après le début des symptômes et la présence dans le sperme a été relevée jusqu'à 62 jours après la fin des symptômes.
Campagne de démoustication dans le Lot-et-Garonne
L'agence régionale de santé Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes a indiqué qu'une infection par le virus Zika a été confirmée chez un couple d'Agenais. Une opération de démoustication a été conduite autour de leur résidence, la seconde effectuée dans ce quartier d'Agen. Le moustique tigre est en effet implanté dans cinq départements d'Aquitaine, dont le Lot-et-Garonne. L'Aedes Albopictus est présent dans 30 départements français, selon les dernières données de surveillances vectorielles.
Le ministère des Affaires sociales et de la Santé a par ailleurs rappelé aujourd'hui les précautions à prendre face au risque d'infection par le virus Zika : élimination des gîtes potentiels de reproduction des moustiques, en supprimant les soucoupes sous les pots de fleurs et en vidant au moins une fois par semaine tous les récipients contenant de l’eau stagnante, telles les gouttières. Il convient également de se protéger des piqûres de moustiques sur place et au retour d’une zone épidémique en portant des vêtements longs et couvrants, en utilisant des répulsifs cutanés, ainsi que des moustiquaires, y compris des moustiquaires de berceau chez pour les nouveau-nés et les nourrissons.
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