Rigueur : la réforme de la dépendance va-t-elle passer à l’as ?

Publié le 24/04/2014

Crédit photo : AMELIE-BENOIST / BSIP

Le projet de loi sur l’autonomie va-t-il subir le sort de la réforme de la dépendance reportée sine die sous Roselyne Bachelot pour cause de crise des Finances publiques ? Redoutant que les mêmes causes (rigueur + changement de ministre) produisent les mêmes effets qu’en 2012, les professionnels de l'aide aux personnes âgées ont exprimé jeudi leurs inquiétudes concernant ce projet de loi autonomie. Le fait est que le calendrier parlementaire annoncé mercredi en conseil des ministres, qui va jusqu'à la session extraordinaire de juillet, ne mentionne pas ce texte dévoilé en février par le gouvernement Ayrault, alors même que ce projet, centré sur le maintien à domicile des personnes âgées, devait initialement être présenté en conseil des ministres le 9 avril et examiné au Parlement à partir de juin, pour entrer en vigueur au 1er janvier 2015.

Les associations s’inquiètent

"Si le texte est un peu retardé du fait du remaniement, mais qu'il entre comme prévu en vigueur au 1er janvier 2015, c'est fâcheux mais ça n'est pas dramatique", estime Pascal Champvert, président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). "Si, par contre, il s'agit d'une petite combine pour détourner à nouveau les crédits que les retraités paient au service des personnes âgées, c'est une faute éthique. C'est aussi une faute économique, car mieux aider les personnes âgées, c'est créer des emplois", ajoute-t-il. Même préoccupation pour Guy Fontaine, secrétaire général de la FNAAFP/CSF, une des quatre fédérations d'employeurs du secteur de l'aide à domicile, qui doivent être reçues dans les prochains jours par la nouvelle Secrétaire d'Etat aux personnes âgées, Laurence Rossignol : "Nous allons demander à Mme Rossignol: "est-ce que le projet de loi est enterré ou pas"?",indique-t-il. "Nous attendons un engagement ferme sur un calendrier".

Delaunay regrette Ayrault et tacle Touraine

Dans l'entourage de la Secrétaire d'Etat, on explique l'absence du projet de loi du calendrier parlementaire par le fait qu'il n'a pas encore été présenté en conseil des ministres. "D'ici une quinzaine de jours, on y verra plus clair sur le calendrier du conseil des ministres", ajoute-t-on. Mais le débat est aussi alimenté par l’ex-ministre déléguée aux personnes âgées. Dans un entretien au site d'actualité de l'action sociale TSA, Michèle Delaunay, dit avoir eu quand elle était au gouvernement "une divergence d'analyse" avec sa ministre de tutelle Marisol Touraine, "qui pensait que cette réforme devait se produire à la fin du quinquennat. Moi je sais qu'à force d'attendre, on risque de ne pas avoir de loi". Dans cet entretien réalisé avant l'annonce du calendrier parlementaire, le Dr Delaunay estime qu'"à part Jean-Marc Ayrault qui a été très attentif, la classe politique a du mal à prendre conscience de l'importance de la transition démographique".


Source : lequotidiendumedecin.fr