Au tribunal, l'infirmière poursuivie pour rébellion contre les forces de l'ordre fait son mea culpa

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Publié le 23/02/2021

Crédit photo : Montage Twitter

Deux mois de prison avec sursis ont été requis contre une infirmière qui devait répondre des faits d'outrage, de violences et de rébellion contre les forces de l'ordre. Les images avaient profondément marqué la manifestation de soignants du 16 juin dernier, à Paris. En marge du défilé, l'infirmière de 51 ans, Farida C., est violemment interpellée par la police « pour outrage et jets de projectiles sur les forces de l'ordre ». Sur Internet, des vidéos de ses actes comme de son interpellation font le tour des réseaux sociaux. Dans la soirée, le hashtag #LibérezFarida fleurit et un rassemblement de soutien est organisé devant le commissariat du 7e arrondissement de Paris où elle est retenue en garde à vue. Ce lundi, la soignante de l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif (AP-HP) était convoquée devant le tribunal de Paris où l'attendaient des dizaines de soutiens.

Réaction surdimensionnée

« C'était une réaction surdimensionnée qui n'était pas réfléchie », a-t-elle déclaré à la barre. La soignante explique avoir agi à un moment d'épuisement, trois mois après le début de la pandémie de Covid-19. « J'étais exténuée, j'avais perdu la moitié de mes patients, ce n'est pas contre la police que j'avais jeté le bitume, c'était symbolique », plaide-t-elle. Et l'infirmière de poursuivre : « Mes mains ne blessent pas, elles soignent depuis 20 ans, quand j'ai vu les soignants se faire gazer, j'ai eu ce geste de protectrice ». Si c'était à refaire ? « Non, je ne le referais pas ! », assure-t-elle.

« Les conditions de travail sont difficiles, on peut comprendre ce qu'elle évoque en termes de frustration, de ras-le-bol, ce qui peut mener à commettre de tels actes dans lesquels on ne se reconnaît plus, a souligné la procureure. Malheureusement, ce qu'elle subit, elle a fini par le faire subir aux autres, en l'occurrence le policier qui se retrouve à devoir essuyer des jets de pierre, des doigts d'honneur. » La décision sera rendue le 3 mai.

 

M.D.P avec AFP


Source : lequotidiendumedecin.fr