Attractivité, avantages sociaux, recherche : comment l’hôpital Saint-Joseph fidélise les médecins

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Publié le 09/02/2026
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Logement, crèche, complémentaire santé à un euro par mois, recherche… : fleuron du privé non lucratif, la Fondation Hôpital Saint-Joseph (Paris) ne ménage pas ses efforts pour séduire les blouses blanches ; 37 médecins ont été embauchés en 2025.

Crédit photo : GARO/PHANIE

Des contrats CDI sont paraphés, des médecins arrivent dans les services et la Fondation Hôpital Saint-Joseph s’en réjouit. À l’heure où nombre d’établissements souffrent de pénurie médico-soignante, la direction de l’établissement parisien défend son modèle « en pleine transformation » qui le place en haut du palmarès du Point 2025 (13e meilleur hôpital de France, premier dans le privé non lucratif). Avec une vraie capacité d’attraction : en 2025, 37 médecins, hors internes, ont épaissi les rangs de cet établissement de santé privé d’intérêt collectif (Espic), avec 508 autres personnels soignants et 87 salariés exerçant dans les fonctions support. Au total, les effectifs s’élèvent à 4 000 personnels, dont 800 médecins et sages-femmes.

La fondation, créée en 1919, regroupe les hôpitaux de Saint-Joseph, au sud de Paris, et Marie-Lannelongue (Plessis-Robinson, Hauts-de-Seine). La « situation financière saine » de Saint-Joseph, en très léger déficit en 2025 (pour un budget de 560 millions d’euros) constitue l’un des facteurs d’attractivité.

Mais pas seulement puisque l’établissement actionne tous les leviers possibles, et ce dès la signature du contrat. Les deux tiers du personnel ayant entre 25 et 44 ans disposent d’une crèche de 130 berceaux pour faire garder leurs enfants. « La maternité tourne bien avec 2 970 naissances en 2025, dont celles des enfants des personnes qui travaillent ici, alors la crèche tourne bien également ! », s’amuse le directeur général des hôpitaux Saint-Joseph et Marie-Lannelongue Régis Moreau. En témoigne le bâtiment en construction, équipé de logements et studios réservés aux personnels (ils seront autour d’une centaine avec ceux déjà existants). Autre avantage de ce « package social » : une complémentaire santé au prix modique d’un euro par mois (70 % sont pris en charge par la fondation et le reste par le CSE).

Du mieux sur le turn-over

Le DG Régis Moreau se félicite aussi de la politique salariale : « Aucune des personnes qui travaillent pour la fondation n’est rémunérée en dessous du Smic, indique-t-il. Nous avons un référentiel de compétences mis à jour annuellement et chaque année, environ 400 salariés changent de statut à la hausse ».

Quant aux émoluments et aux conditions de travail des médecins (les Espic salarient 75 % de leurs praticiens, le reste exerce en libéral), la fondation revendique une forme de stabilité et de continuité. « En 2021-2022, il y avait une guerre avec l’AP-HP pour savoir qui allait rémunérer le plus », avec un turnover médical à la clé, explique le DG. Mais la Fondation n’a pas voulu alimenter cette surenchère financière. « Nous avons compris que le salaire n’était pas la priorité principale des personnels, ils cherchent plutôt un équilibre entre vie professionnelle et personnelle, confie le DG. C’est pourquoi nous avons lancé des cycles de travail pour mieux les écouter, nous avons ouvert la crèche et nous avons avalisé le fait de venir sur Paris que trois ou quatre jours dans la semaine. »

L’innovation médicale, les technologies de pointe et les quelque 300 projets de recherche clinique en cours sont aussi un terreau fertile pour les praticiens, et notamment pour la quinzaine de PU-PH de l’hôpital. Environ 20 % du temps des cliniciens-chercheurs est uniquement consacré à leur programme d’innovation, parmi lesquels un dispositif de quantification des pertes sanguines dans le post-partum par le Pr Elie Azria, et une machine permettant de conserver plus longtemps un greffon avant la transplantation par le Pr Julien Guihaire. Quant au Pr Dominique Fabre, il utilise l’intelligence artificielle pour améliorer la prise en charge, rapide et personnalisée, des lésions de l’aorte. « Nous mettons au point une application, accessible depuis les téléphones, avec de l’IA et de la simulation numérique pour comparer deux scanners très rapidement et appréhender la façon sont la prothèse se compotera », indique le chirurgien vasculaire et thoracique et professeur à l’Université Paris-Saclay.


Source : lequotidiendumedecin.fr