Si la Fédération hospitalière de France (FHF) estime que les hôpitaux « tiennent bon », aux urgences de Rennes (Ille-et-Vilaine), les soignants ne goûtent que très peu à ce constat. Une trentaine d’entre eux ont débrayé sous la forme d’un sit-in devant leur service, ce mercredi 14 janvier 2026, à 15 heures, à la suite d’un week-end sous tension. Dans la nuit du dimanche au lundi, deux patients sont décédés sur des brancards des urgences.
La CGT estime que ces morts seraient liées à « un manque de surveillance » et évoque une prise en charge dégradée durant le week-end, selon France 3 Bretagne. Ce que la direction dément formellement. Selon elle, « les premières investigations permettent d'indiquer qu'ils n'ont aucun lien avec la situation de tension », a fait savoir la direction de la communication du CHU de Rennes à France Info. Mais la direction reconnaît tout de même l’afflux important de patients auxquels les services doivent faire face. Elle fait état de 250 passages aux urgences, soit une hausse de 30 % par rapport à l’activité normale. Aussi, les appels au Samu se comptent au nombre de 2 232 contre une moyenne de 1 800 habituellement. Cette hausse d’activité s’explique par les épidémies hivernales et la grève des médecins libéraux.
Ouverture de lit et rappel du personnel
Le Pr Louis Soulat, chef de service des urgences et vice-président du syndicat Samu-Urgences de France, estime que les décès ne sont pas liés à « un défaut de surveillance » mais que ces personnes étaient déjà dans des situations critiques : « Ce sont des patients qui avaient des pronostics engagés avant leur arrivée aux urgences, compte tenu de très lourds antécédents qui étaient connus », explique-t-il au micro de RTL. Il fait également référence à la situation de forte tension des urgences : « Quand on reçoit beaucoup de patients, c’est plus compliqué de les accueillir dans de bonnes dispositions, mais pour ces deux patients, les traitements adaptés ont été mis en place », relate-t-il.
Auprès du média 20 Minutes, Lionel Lepagneul, secrétaire adjoint de la CGT du CHU, pointe tout de même une situation « inédite » : « deux décès aux urgences dans la même nuit, c’est très rarissime ». Mais pour l’établissement : « Les décès font partie de la réalité hospitalière, l’établissement accueillant quotidiennement des patients dans des situations critiques ou en fin de vie ». Ces deux morts font tout de même l’objet « d’une analyse approfondie conformément à la demande qualité systématiquement mise en œuvre par le CHU dans ces circonstances ». En attendant, l’établissement rennais assure avoir rappelé du personnel et ouvert des lits supplémentaires de médecine pour faire face à la vague de patients aux urgences.
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