Face à la crise aux urgences, le CHU d’Angers ouvre des lits et renforce ses équipes

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Publié le 26/01/2026
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Confronté à une activité record et une grève aux urgences, le CHU d’Angers active plusieurs leviers pour sortir de la crise, dont 10 lits temporaires et le recrutement de 16 ETP paramédicaux, d’un psychiatre et d’un interne.

Le CHU d’Angers s’approche-t-il d’une sortie de crise aux urgences ? Pour tenter de desserrer l’étau, la direction a annoncé une série de mesures immédiates : l’ouverture d’une unité temporaire de 10 lits, le renforcement des effectifs paramédicaux et le lancement prochain d’une régulation psychiatrique, alors que la pression reste très élevée sur le service.

Parmi les réponses avancées figure l’ouverture, à compter du 23 janvier, d’une unité temporaire de tension hospitalière de 10 lits, destinée majoritairement à des patients âgés. Elle mobilisera une équipe paramédicale issue de l’établissement, des infectiologues et des gériatres, en complément de l’intérim paramédical. Prévue pour passer le pic épidémique de grippe, cette unité entraîne le report de travaux initialement programmés en soins médicaux et de réadaptation.

Plus précisément, l’établissement annonce le renforcement de ses effectifs avec 16 équivalents temps plein paramédicaux ainsi que le recrutement d’un psychiatre senior et d’un interne.

Un service d’accès aux soins (SAS) psychiatrique doit démarrer en février. Il reposera sur des médecins généralistes régulateurs et trois infirmiers en journée, avec un objectif de fonctionnement 7 jours sur 7. « Ce qui leur permettra d’avoir une activité variée toute l’année », assure la directrice générale Cécile Jaeglin devant la presse, qui rappelle toutefois : « Il nous manque encore quatre postes d’assistants de régulation médicale. »

Déprogrammations et mécontentement

Ces annonces interviennent alors que les besoins d’aval, notamment en psychiatrie, demeurent critiques. Le 22 janvier à midi, 29 patients étaient en attente d’une hospitalisation, dont 14 relevaient de la psychiatrie. « Le CHU d’Angers devient la solution d’urgence et d’aval aux problèmes de tous les autres établissements, regrette la directrice. (…) Nous avons dû déprogrammer des opérations programmées pour des urgences. Cela répond à des besoins, mais crée du mécontentement. »

En toile de fond, le conflit social se poursuit. S’il n’existe pas de postes vacants chez les médecins urgentistes, les effectifs paramédicaux restent incomplets, à l’origine de la grève en cours. Cécile Jaeglin dit « comprendre l’exaspération des personnels » exerçant dans des locaux vétustes, conçus pour 30 000 passages annuels et qui en absorbent aujourd’hui près du double.

La pression sur les urgences reste structurellement élevée. En 2025, le CHU d’Angers a enregistré 100 500 passages, dont 57 400 pour les adultes, un niveau comparable à 2024. En janvier 2026, l’activité atteint 168 passages quotidiens, soit 18 de plus qu’un an auparavant. À cela s’ajoutent les urgences pédiatriques (30 000 passages annuels) et gynécologiques-obstétricales (12 000). « Si on devait recevoir sur le service d’accueil des adultes ces autres patients, la situation serait encore plus mauvaise aujourd’hui », souligne Cécile Jaeglin.

Enfin, en amont de ces annonces, l’établissement avait activé début janvier le premier niveau du plan Hôpital en tension face à l’afflux persistant de passages aux urgences. Le manque de personnels paramédicaux avait parallèlement conduit au déclenchement du mouvement de grève, à compter du 19 janvier. Après avoir reçu une délégation la semaine dernière, la direction, « ne minimisant pas » la situation, avait acté l’ouverture de l’unité temporaire.


Source : lequotidiendumedecin.fr