Médecins, paramédicaux, agents… Quelque 315 000 salariés travaillent dans des établissements du secteur hospitalier privé (lucratif et non lucratif), soit trois fois moins que dans le secteur hospitalier public. Les cliniques privées, elles, sont détenues à 90 % par des groupes, révèle une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Ces groupes sont particulièrement pourvoyeurs d’emplois : ils engagent 96 % de l’ensemble des effectifs des établissements à but lucratif.
Ces 177 groupes identifiés sont majoritairement « petits ou moyens », même si deux géants de l’hospitalisation privée dominent ce secteur (Ramsay Santé, Elsan). Plus de la moitié des groupes privés à but lucratif (54 %) emploient ainsi moins de 250 salariés, et comprennent moins de six établissements. Cette faible dimension se traduit par une présence géographique limitée (72 % des groupes ayant toutes leurs cliniques implantées dans la même région). Seuls neuf groupes privés à but lucratif dépassent le seuil des 5 000 salariés, « ils sont tous établis dans plusieurs régions, et trois d’entre eux ont leur tête de groupe établie à l’étranger », indique l’étude.
Les groupes offrent 59 % des places de chirurgie ambulatoire
Les 177 groupes privés à but lucratif sont particulièrement prégnants dans certaines disciplines hospitalières, en particulier en chirurgie où ils concentrent 40 % des lits d’hospitalisation complète et même 59 % des places d’hospitalisation partielle (contre 49 % et 29 % pour le public). Ils disposent aussi de fortes capacités pour les soins médicaux et de réadaptation (SMR) avec 32 % des lits et 39 % des places. À noter que les neuf grands groupes concentrent à eux seuls 57 % des places du secteur privé en chirurgie, 56 % en SMR, 56 % en médecine, 60 % en psychiatrie et 62 % en hospitalisation à domicile.
À rebours des idées reçues, l’étude révèle qu’une part très significative des salariés de ces groupes privés travaillent en dehors du strict périmètre hospitalier. Ainsi, dans le privé lucratif, 46 % des effectifs exercent leur métier dans un secteur externe au champ hospitalier : ces groupes développent en effet des activités complémentaires, notamment dans le médico-social (principalement les Ehpad médicalisés), les laboratoires d’analyse médicale, l’action sociale sans hébergement ou encore la formation des professionnels de santé. Ces mêmes groupes privés disposent aussi souvent d’entités dédiées aux activités support auxquelles les cliniques peuvent faire appel (activités immobilières, administratives et de soutien aux entreprises). Ces fonctions support sont systématiques dans les très grands groupes.
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