Un collectif de professionnels de santé italiens a décidé de saisir le tribunal administratif de Gênes (Ligurie) afin de contester l'obligation de vaccination anti-Covid pour les médecins et les paramédicaux, décidée en mars dernier. Pour les soignants du service public qui refusent ouvertement de se faire vacciner, le dispositif gouvernemental prévoit des mesures d'interdiction d’effectuer des tâches qui impliquent des contacts interpersonnels, des congés sans soldes et jusqu'à la suppression de la rémunération jusqu'à la fin de l'année.
En Lombardie, une dizaine de praticiens ont déjà été suspendus pendant dix jours. Selon les estimations des syndicats, à l’échelle nationale, 1 à 2 % de médecins hospitaliers pourraient être concernés, soit entre 1 150 et 2 300 praticiens sur 114 000.
Du côté des paramédicaux, les chiffres sont plus faibles même si les syndicats manquent de données fiables. Plusieurs centaines d’infirmiers seraient réfractaires à toute prophylaxie. Le ministère de la Santé a demandé à l’Agence nationale des services régionaux de santé (Agenas) de rédiger un état des lieux des professionnels de santé (praticiens, paramédicaux, pharmaciens) qui refusent la vaccination contre le Covid.
Bataille de civilisation
Mais, selon le défenseur du collectif hostile à la vaccination obligatoire des soignants, Daniele Granara, « il s’agit d’une bataille de civilisation. Nous contestons le dispositif de vaccination obligatoire qui n’a pas lieu d’être (...) ». Ce professeur de droit constitutionnel à l’Université de Gênes et d’Urbino soutient que la vaccination obligatoire est inconstitutionnelle car « la prophylaxie contre le coronavirus n’est ni sûre ni efficace, et par conséquent, elle ne peut pas être inscrite dans la catégorie des traitements sanitaires obligatoires ».
Le juriste cite également la circulaire de trois pages envoyée aux professionnels de santé par la Sécurité sociale italienne. « Cette lettre est une décharge de responsabilité et doit être signée par les professionnels de santé avant de se faire vacciner. Par ailleurs, elle n’évoque pas la possibilité d’obtenir des indemnités en cas d’effets secondaires importants ce qui normalement est obligatoire », souligne-t-il.
Les praticiens en colère réclament donc la liberté de choix et l’abrogation de la vaccination obligatoire anti-Covid, en s’appuyant aussi sur une décision de 2020 rendue par la Cour constitutionnelle italienne sur la vaccination antigrippale obligatoire. L'avocat se fonde sur ce précédent pour contester le dispositif gouvernemental.
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