LE QUOTIDIEN : Vous avez remplacé le Pr Rémi Salomon qui se représentait à la tête de la conférence des présidents de CME de CHU. Y a-t-il eu une bataille pour cette élection ?
Pr KARIM ASEHNOUNE : Pas du tout. Nous avons établi le constat d’un collectif abîmé par le post-Covid et par l’instabilité ministérielle, ce qui a participé à du découragement, un sentiment d’isolement et des difficultés chez les présidents de CME (PCME). Mon projet propose une parole un peu moins politique, un peu plus offensive et décisive, avec un souffle différent. Je remercie d’ailleurs le Pr Salomon pour son travail, car nous partageons le même modèle pour nos CHU et l’hospitalisation publique.
Quelles sont les principales mesures de votre programme ?
Face à ce sentiment d’essoufflement, nous devons nous remobiliser tous ensemble. Nous souhaitons parler plus de nos fonctions, que l’on soit PCME nouvellement élu ou pas.
Notre grand sujet est une réelle reconnaissance par les pouvoirs publics de la pénibilité des praticiens hospitaliers et des hospitalo-universitaires, qui subissent inégalement les contraintes de la permanence des soins (PDSES). Si l’on n’y fait pas attention, ce sujet peut devenir un réel repoussoir pour nos jeunes praticiens.
L’explosion du travail administratif pour le personnel médical est un autre problème. Un investissement massif dans l’IA au sein de nos établissements procurerait pourtant un gain de temps considérable dans un contexte négatif d’absence de revalorisation des tarifs hospitaliers.
Avant-dernier point : la reconnaissance de nos fonctions managériales, en l’occurrence celles de vice-président de CME et chef adjoint de pôle qui n’ont droit à aucune prime. Il faut aussi réaffirmer le rôle du CHU dans les territoires, pas seulement comme recours pour les petits établissements, mais par le biais de vrais partenariats. Cette tendance a déjà commencé par les postes partagés et la massification d’achat de matériel.
Sur l’attractivité du CHU en matière de recherche, nous sommes aussi très loin en termes d’investissement de l’État, comparé aux autres pays de l’Union européenne qui se trouvent à environ 3 % du PIB.
Quid de la réforme de la revalorisation des astreintes ?
La forfaitisation des astreintes est le sujet brûlant sur lequel nous voulons réfléchir avec les autres conférences et la DGOS (ministère de la Santé), notamment pour les personnels HU qui sont les grands oubliés de cette réforme. C’est la pierre d’achoppement majeure. Nous comptons prendre contact avec les syndicats de médecins, car c’est important de mettre tout le monde autour de la table, ce qui n’a pas été le cas pour l’instant. Notre conférence des PCME sur ce sujet n’a pas été consultée, ni celle des doyens d’ailleurs. Cela aurait permis de donner l’éclairage terrain immédiatement et de proposer soit des dispositifs différents entre PH et HU, soit un forfait global qui s’appliquerait à toutes les catégories de personnel médical et qui prendrait en compte les déplacements. Mais cette option n’a pas été choisie par la tutelle.
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