Smur, transferts, entraide : comment l’hôpital Avicenne (AP-HP) a tenu malgré une panne électrique massive

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Publié le 22/01/2026
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La panne électrique de l’hôpital Avicenne (AP-HP), situé à Bobigny (Seine-Saint-Denis), a fortement perturbé le travail des soignants mercredi 21 janvier, qui se sont organisés en conséquence.

Crédit photo : Garo/Phanie

Une panne électrique a paralysé l’hôpital Avicenne pendant plus de trois heures mercredi 21 janvier 2026 à cause des forages et de la coupure accidentelle d’un câble d’alimentation relatifs à la construction d’un nouveau bâtiment sur le site. « Cela a entraîné l’interruption de l’alimentation générale en électricité de l’hôpital et empêché le déclenchement du groupe électrogène qui assure le secours électrique », a indiqué l’AP-HP le lendemain. Les équipes médicales ont réagi en conséquence.

La panne a duré de 14h10 à 17h45. Jusqu’au lendemain matin, 8 heures, les patients ont été réorientés vers d’autres hôpitaux. À cause de l’incapacité d’activer les groupes électrogènes, huit patients en réanimation ont été transférés. « Les véhicules de Smur de Seine-Saint-Denis, de Paris, des Yvelines et des Hauts-de-Seine sont venus en renfort, explique le Pr Sadek Beloucif, chef du service d’anesthésie-réanimation d’Avicenne. Heureusement, ils ont des respirateurs de transport qui sont sur batterie. »

Comme lors du Covid, notre boucle WhatsApp a bien tourné. Nous avons la chance d’avoir un système hospitalier extrêmement réactif

Pr Sadek Beloucif, chef du service d’anesthésie-réanimation d’Avicenne

Les éléments de biobanque (cellules, sang, urine, tissus), les prélèvements sanguins placés au congélateur à des fins de recherche et les poches de sang ont été transférés à Saint-Antoine, à 15 km de là, dans l’est parisien. « Nous avons gardé une dizaine de culots globulaires en cas d’urgence vitale extrême, détaille le chef de service, le reste est parti. » Tout n’étant pas revenu à Bobigny jeudi matin, les médecins anesthésistes ont fait en sorte de ne pas avoir à gérer des opérations extrêmement hémorragiques à la reprise de l’activité.

Papier et crayon, le retour

Pendant plusieurs heures, toute l’informatique a été à l’arrêt, ce qui a bloqué l’ascenseur, les blocs opératoires, les prescriptions informatisées, l’accès aux dossiers médicaux. Les médecins et soignants ont dû utiliser leurs mails et leurs ordinateurs personnels (qui ont une batterie), n’étant plus en capacité de travailler sur leurs ordinateurs de bureau. « Nous avons dû revenir au papier et au crayon. Plus rien ne fonctionnait, relève le Pr Beloucif. Comme lors du Covid, notre boucle WhatsApp a bien tourné. Nous avons la chance d’avoir un système hospitalier extrêmement réactif et une solidarité naturelle. »

Depuis ce matin, les patients peuvent se rendre à nouveau aux urgences. L’AP-HP n’a observé ni rupture de prise en charge ni « de déprogrammation prévue ».


Source : lequotidiendumedecin.fr