Dans le cadre de la réforme du 3e cycle des études médicales, le Diplôme d’études spécialisées devient le seul diplôme qualifiant de la spécialité. « Le but est qu’au cours de cette formation, le futur spécialiste acquiert les compétences d’un métier et non plus des connaissances », précise la Pr Christine Silvain. Pour ce faire, un parcours a été proposé par les différents ministères impliqués. Le 3e cycle sera ainsi divisé en trois phases, avec une évaluation à la fin de chacune d’entre elles. La première est une phase socle transversale d’une durée d’un an. « La deuxième phase, d’approfondissement, peut durer 2 ou 3 ans selon les spécialités médicales et c’est ce point qui est en discussion avec les autorités », indique la Pr Silvain. C’est à la fin de cette phase que le futur spécialiste soutiendra sa thèse. Enfin, au cours de la troisième phase, d’une année pour les spécialités médicales, le spécialiste sera habilité à remplacer.
Trois ans pour être autonome
« Il faut donc qu’à la fin de la deuxième phase de formation, l’hépato-gastro-entérologue soit compétent et capable d’effectuer en particulier des gestes de base en endoscopie, poursuit le Pr Silvain. Tous les représentants de la spécialité, libéraux, hospitaliers universitaires ou non, estiment que cette deuxième phase doit être de trois années afin que le futur spécialiste puisse acquérir les compétences nécessaires à son autonomie, notamment en endoscopie, compétences bien définies en France et en Europe dans le « blue book ». La durée de cette deuxième phase de formation est un point d’achoppement avec les autorités, qui penchent plutôt pour une durée de deux ans, notamment pour des raisons de coût, alors que nous estimons que tous les futurs spécialistes doivent bénéficier d’une formation optimale ».
Autre sujet de discussion : les options liées à la spécialité et les FST (formations spécialisées transversales), comme la cancérologie digestive. « Le nombre de médecins formés dans ces options et FST sera restreint et défini par décret, alors que nous plaidons pour que chaque hépato-gastro-entérologue ait accès à une option comme l’endoscopie de niveau 2, souligne la Pr Christine Silvain. Il s’agit là d’un enjeu majeur, car il est difficile de se projeter et d’estimer correctement les besoins futurs de la population dans un contexte où les techniques évoluent. Notre spécialité est en effet médico-interventionnelle ».
« Nous attendons les propositions des autorités », rapporte la Pr Silvain, qui rappelle par ailleurs que l’e-learning est aujourd’hui privilégié. « Les spécialistes en formation ont accès à la plateforme CDU-HGE, dans laquelle tous les objectifs et toutes les compétences sont définis. Cet outil de travail, à la disposition des étudiants qui peuvent en particulier s’auto-évaluer, est déjà mis en place dans la région Grand Ouest et devrait être finalisé au niveau national à la fin de l’année ».
D’après un entretien avec la Pr Christine Silvain, CHU Poitiers
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