Paris (75)
Dr Michel Launay*
L’injection d’un chélate de gadolinium n’est pas toujours justifiée pour rechercher un neurinome du nerf acoustique. Dans un article du « Quotidien du Médecin » du 16 octobre 2012, le Dr Micheline Fourcade se réfère à une communication du Pr Olivier Sterkers aux Entretiens de Bichat 2012 pour signifier que le diagnostic d’un neurinome du nerf acoustique en imagerie par résonance magnétique devrait nécessairement comporter une injection de gadolinium. De très nombreuses études sont publiées sur le sujet ; celle de Fortnum et coll. [1] est une revue exhaustive et critique (plus de 160 pages, 244 références) de la littérature, ce qui est justifié par un débat qui dure depuis longremps [2,3,4,5]. D’une manière générale, il est actuellement reconnu qu’à condition d’appliquer une séquence en T2 du type dit rapide à des coupes à haute résolution spatiale, la plupart des explorations répondent aux questions posées. Dans les cas douteux, il est recommandé de compléter par des coupes très fines avec une des séquences dites en « écho du gradient à l’état d’équilibre » (« fast imaging employing steady-state acquisition » ou « F.I.E.S.T.A. » [3], ou « constructive interference in the steady state » ou « C.I.S.S. »). Ce n’est qu’en fonction du contexte clinique, de la conduite thérapeutique envisageable, qu’une séquence avec injection de chélate de gadolinium expose à des complications – certes rares mais parfois gravissimes – et qu’elle augmente la durée et le coût des examens.
[1] Fortnum H., O’Neill C., Taylor R., Nikolopoulos T., Lightfoot G., et coll. - The role of magnetic resonance imaging in the identification of suspected acoustic neuroma : a systematic review of cinical and cost-effectiveness and natural history. - Health Technol. Asses., 2009, 1
3, N)18.
[2] Kovacsovics B., Davidsson L., Harder H., Magnuson B., Ledin T. - MRI screening of the cerebellopontine angle and inner ear with fast spin-echo T2 technique. - Arch. Ital. Biol., 2000, 138, 87-92.
[3] Rigby p.J. - Comparison of FIESTA and gadolinium-enhanced T1-weighted sequences in magnetic resonance of acoustic schwannoma. - Radiographer, 2006, 53, 11-21.
[4] Soulié D., Cordoliani Y.-S., Vignaud J., Cosnard G. - MR imaging of acoustic neuroma with high resolution fast spin echo T2-weighed sequence. - Eur. J. Radiol., 1997, 24, 61-65.
[5] Schwartz J. D. - Sensoneual hearing deficit : a systematic approach based on imaging findings. - Radiographics, 1996, 1+, 561-574.
* Attaché consultant des Hôpitaux de Paris, Service de Neuroradiologie, Hôpital de la Salpêtrière
La vérité d’un interne
Anonyme
Depuis quelques jours, les témoignages d’internes se multiplient dans les médias. Les seuls à ne pas le faire de manière anonyme sont nos représentants syndicaux. Leur discours n’est étrangement pas le même, ils n’ont aucune crainte de représailles et ne semblent pas souffrir dans leur chair. Leur bien-être transparaît dans leurs mots, leur seule souffrance semble être de ne pas jouer dans la cour des grands en n’étant pas associés aux négociations. A contrario de l’immense majorité des internes qui lutte chaque jour pour ne pas s’effondrer, ils trouvent même l’énergie de se soucier du futur rôle des mutuelles jusqu’à en faire le centre de nos soi-disant préoccupations.
Nous n’avons ni le temps, ni l’énergie de nous inquiéter de la future « privatisation de la santé » alors que c’est notre propre santé qui est privatisée pendant toute la durée de l’internat. Nous sommes à la merci d’un fonctionnement archaïque et autoritariste que personne ne dénonce, pas même nos syndicats. On ne peut pourtant pas à la fois prétexter l’intérêt du patient comme enjeu central et accepter qu’il soit soigné par un interne esseulé, à la limite de l’évanouissement après une semaine de 80 heures et 3 gardes.
Le problème est que nos représentants sont en première ligne et que ce sont eux qui vont être interrogés sur nos conditions de vie. Ils recentrent alors leurs propos pour répondre poliment aux questions mais on ne les sent pas scandalisés outre mesure. Est-ce parce qu’ils instrumentalisent ces conditions extrêmes lors de leurs discussions avec la ministre de la Santé ? Quoi qu’ils en disent, même le gouvernement semble davantage s’inquiéter de notre sort en priorisant ce qui intéresse la majorité des internes : se rapprocher de conditions de travail décentes et humaines.
La grève a mis cette revendication loin derrière d’autres qu’on devrait laisser aux syndicats de médecins déjà installés. Nos problèmes quotidiens sont trop graves et prenants pour qu’on puisse prétendre pouvoir s’intéresser à ceux qui ne sont aujourd’hui pas de notre ressort. Il y va de notre crédibilité. Cette grève a été celle des élites, des lobbyistes frustrés, mais en aucun cas celle des internes qui luttent pour survivre. Beaucoup de ceux qui l’ont suivie l’ont fait parce que c’est la seule occasion de s’éloigner quelques jours des cadences infernales, ou pour éviter d’avoir à suppléer un gréviste et d’atteindre les 100 heures hebdomadaires !
Félicitations au nouvel IGAS
Paris (75)
Gérard Noët*
Félicitations à François Chérèque qui vient de se voir attribuer un poste à l’Inspection Générale des Affaires Sociales pour lui assurer une belle et méritée retraite après ses dures années de dévouement au titre de secrétaire général de la CFDT. L’IGAS pourra profiter des compétences de ce brillant sujet qui a publiquement barguigné pour que les médecins généralistes ne vaccinent pas contre le H1N1 en agrémentant sa position de ce commentaire : « c’est pour le pognon des médecins ». Je suis extrêmement satisfait que mon pognon de contribuable rémunère un esprit aussi brillant et ouvert.
* Pharmacien-biologiste
Secteur II, réponse à une réponse !
Lyon (69)
Dr Marc Jouffroy
En réponse au Dr Allainmat (« le Quotidien des lecteurs », édition du 14 novembre).
On voit, à vous lire, chère consœur, à quel point la propagande gouvernementale a touché son but, puisqu’elle vous a dressée, tout feu tout flamme, contre le secteur II (diviser pour mieux régner)…
Faut-il vous rappeler que le secteur II ne coûte rien ou presque à l’assurance-maladie : les dépassements ne sont pas remboursés, mais surtout la part des cotisations sociales prise en charge est faible et bien loin de constituer la manne que vous évoquez.
Faut-il vous apprendre que, secteur I ou II, les cotisations des médecins rapportent plus à la Sécurité sociale qu’elles ne lui coûtent, et que malgré tout, ce « cadeau » continue de justifier le marché de dupes que nos aînés ont accepté avec la première convention : des honoraires bloqués, renégociables périodiquement, au lieu d’être indexés sur l’indice du coût de la vie.
C’est là l’origine de paupérisation de la profession que nous déplorons tous deux et qui, avec d’autres causes comme trente ans de numerus clausus, quelques années de MICA (pour les jeunes : préretraite à 56 ans…) et autres fantaisies technocratiques, préparent bien la catastrophe annoncée.
Cela fait des décennies que les politiques et la Sécu prétendent faire de la médecine sans payer les médecins, mais une nouvelle génération, peut-être bercée de 35 heures, sans doute moins altruiste et naïve que vous aujourd’hui, et moi il y a trente ans, est en train de signifier que propagande ou pas, elle ne facilitera pas l’accès aux soins et elle ne comblera pas les déserts médicaux, 60 à 80 heures par semaine, pour un revenu de cadre moyen assorti d’un harcèlement permanent.
De fait, seuls 11 % des diplômés en médecine générale de 2011, et 35 % de ceux de 2006 se sont installés, sans compter les près de mille confrères dans la force de l’âge qui ont dévissé leur plaque l’an dernier : total - 4 %...
Ne vous laissez plus abuser : s’il y a des économies à faire, ce n’est pas sur les médecins mais peut-être sur la gabegie quotidienne de la Sécu, incapable il y a quelques années de dire à la Cour des Comptes combien elle avait d’employés ou capable d’engloutir des centaines de millions d’euros dans le projet pharaonique du DMP, jusqu’à ce que l’État la sauve en en faisant une « grande cause nationale » !
N’écoutez plus les sirènes, restez solidaire, militons tous pour être enfin respectés. Bien confraternellement.
Les MSU, acteurs clés de l’encadrement des docteurs juniors
« L’accès au secteur 2 pour tous, meilleur moyen de préserver la convention », juge la nouvelle présidente de Jeunes Médecins
Jeu concours
Internes et jeunes généralistes, gagnez votre place pour le congrès CMGF 2025 et un abonnement au Quotidien !
« Non à une réforme bâclée » : grève des internes le 29 janvier contre la 4e année de médecine générale