Morgan Caillault, 27 ans, interne en médecine générale en 2e année à Tours, a été élu président de l'Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG), dimanche 14 juin, lors d'un conseil d'administration réuni à distance.
Ce changement de bureau intervient en plein Ségur de la santé, une séquence cruciale pour les jeunes qui attendent des avancées sur le plan des salaires et de la formation. « C'est une opportunité importante, juge ce lundi le nouveau président. La démarche est constructive mais les promesses faites à l'ancien bureau comme les sanctions des établissements ne respectant pas le temps de travail devront être tenues. »
300 euros supplémentaires par mois
Le nouveau bureau appelle de ses vœux une revalorisation significative du salaire de base. « La rémunération des internes n'a pas évolué véritablement depuis 2010, souligne Morgan Caillault. On étudie la piste de l'augmentation de 300 euros brut par mois réclamée par l'ISNI qui nous semble très intéressante et à creuser. »
En matière de temps de travail, la question de la reconnaissance et de la valorisation des demi-gardes, promise par Olivier Véran en février, est aussi sur la table. Les jeunes souhaitent une rétribution distincte.
Les internes de médecine générale espèrent également trouver un compromis sur le financement de leur formation, un sujet sensible depuis le durcissement de la « loi anti-cadeaux » – et l'impossibilité pour les laboratoires de participer au financement des réunions à vocation scientifique. « Le ministère doit débloquer des fonds. En médecine générale, nous avons besoin d'être formés sur des gestes techniques en gynécologie avec la pose d'implant ou stérilet. Nous avons aussi besoin de formation sur la gestion du cabinet ou encore le management », précise le président de l'ISNAR-IMG.
Le syndicat attend aussi un soutien financier pour le Centre national d'appui (CNA) créé pour lutter contre les risques psychosociaux afin de mener des enquêtes ou dispenser des formations.
FST de médecine polyvalente ?
Côté cursus, l'ISNAR-IMG appelle le ministère à desserrer le contenu de la maquette de troisième cycle avec le retour d'un stage libre. « On ne peut pas changer nos stages. Or certains internes souhaitent faire un stage ambulatoire en plus, d'autres un stage en PMI car ils envisagent une activité mixte à terme », illustre le président de la structure.
Les jeunes plaident aussi en faveur de l'ouverture d'une formation spécialisée transversale (FST) de médecine polyvalente, allongeant le diplôme d'une année. « Les services de médecine polyvalente semblent majoritairement gérés par des médecins généralistes exerçant en milieu hospitalier. Et 13 % des internes se dirigent vers une activité mixte ou hospitalière, il faut leur en donner un accès », poursuit-il.
Contrat unique
Pour donner envie aux jeunes de reprendre le flambeau libéral, l'ISNAR-IMG propose que l'accueil des étudiants de second cycle soit possible par un maître de stage des universités (MSU) sans délai minimum d'installation. En revanche, pour l'accueil d'un interne, le syndicat préfère que le MSU ait trois années d'expérience. « Il faut connaître le territoire et sa patientèle pour bien apprendre aux internes », ajoute-t-il.
Les jeunes n'oublient pas le contrat unique de début d'exercice en zone sous-dense qui avait été voté dans la dernière loi de financement de la Sécurité sociale, procurant garantie financière et meilleure protection sociale. La publication des modalités est attendue depuis six mois…
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