Ecos 2025 : sous pression, les doyens planchent sur des ajustements pour simplifier la réforme

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Publié le 02/04/2025
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La tenue des examens cliniques objectifs et structurés (Ecos) la semaine du 19 mai 2025 inquiète les doyens. En raison de l’augmentation du nombre d’étudiants, cette deuxième édition est sous haute tension. La Conférence teste des pistes d’ajustement pour alléger l’organisation des épreuves.

Crédit photo : Aude Frapin

« Les Ecos (examens cliniques objectifs et structurés) 2025 sont fragiles. [Sur le plan organisationnel], cette deuxième édition s’annonce aussi complexe voire plus que la première en raison du nombre d’étudiants en augmentation. Cela va nécessiter forcément une mobilisation plus importante au sein des facultés, tant en termes de personnel que d'enseignants-chercheurs », a averti d’emblée la Pr Isabelle Laffont, présidente de la Conférence des doyennes et des doyens, lors d’un point presse mardi 1er avril.

Mille étudiants en plus à évaluer

À l'approche de cet examen qui se déroulera la semaine du 19 mai dans toute la France, la pression monte chez les universitaires qui, pour cette deuxième édition, devront faire face à un défi logistique de taille. Environ 9 200 étudiants issus des 33 facultés de médecine, sont attendus cette année pour passer simultanément cet examen redouté. Un chiffre en hausse de plus de 1 000 étudiants par rapport à l’an dernier, où environ 8 000 candidats étaient recensés.

Face à cet enjeu, l’institution a envisagé un temps de simplifier l’évaluation pour en renforcer la sécurité. « Nous avons proposé de réduire le nombre de stations cliniques sur lesquelles les étudiants sont évalués, de dix à sept, mais cette mesure a été jugée irréalisable en raison de contraintes juridiques complexes », a expliqué la Pr Isabelle Laffont. Du côté des étudiants, cette proposition n’a pas non plus fait l’unanimité. « Le problème, c’est que chaque station évalue un domaine de compétences précis. Réduire le nombre de stations reviendrait à diminuer le nombre de compétences évaluées, ce qui pourrait, à terme, créer une rupture d’égalité », souligne Lucas Poitevin, président de l'Anemf, contacté ultérieurement par Le Quotidien. Il convient de rappeler que ces épreuves sont particulièrement importantes pour les étudiants, car elles représentent 30 % de la note finale qui détermine l'affectation des futurs internes (60 % pour les EDN et 10 % pour le parcours étudiant).

Simplifier pour mieux sécuriser

Face à l’impasse juridique et au scepticisme des étudiants, la Conférence des doyens devra donc, cette année, « reconduire les ECOS selon le modèle de 2024 », en espérant que ces épreuves, jugées complexes d'un point de vue logistique, se déroulent sans accroc. La menace d’une grève des hospitalo-universitaires remontés contre la réforme de leur retraite n’est heureusement pas à l’ordre du jour cette année. En revanche, le nombre croissant de candidats exigera des ressources humaines bien plus importantes. « Cette année, 2 200 examinateurs seront mobilisés, dont 1 650 répartis entre les facultés de toute la France pendant trois jours. Ce n’est pas anodin, cela représente un travail colossal et une organisation très complexe », a souligné la Pr Isabelle Laffont.

Et bien que la Conférence des doyens reste fermement convaincue des bienfaits de cette réforme, elle réfléchit déjà à des ajustements pour simplifier son organisation, tout en écartant déjà de rendre ces épreuves uniquement validantes et non plus classantes comme le réclament certains étudiants. « C’est une très belle réforme, c’est la réforme du savoir-être et du savoir-faire », a souligné la Pr Laffont. Toutefois, « des points de fragilité doivent être sécurisés afin d’éviter tout problème qui puisse mettre en danger la validation du deuxième cycle et donc altérer l'arrivée des médecins en troisième cycle », a souligné le Pr Marc Humbert, vice-président de l’institution.

La Conférence envisage, par exemple, de limiter le « brassage » des enseignants entre les facultés, un dispositif jugé trop complexe et chronophage sur le plan logistique. Elle réfléchit également à désynchroniser les épreuves afin d’éviter que tous les étudiants ne commencent simultanément avec les mêmes sujets. « Cela va évidemment impliquer des ajustements dans la docimologie, c'est-à-dire dans la manière de concevoir l’examen pour éviter les triches », résume la doyenne.


Source : lequotidiendumedecin.fr