Brève

Pour une tarification... à la qualité!

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Publié le 07/03/2019
académie

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Crédit photo : GARO/PHANIE

La grande réconciliation entre directeurs d'hôpitaux et mandarins n'est pas pour demain. Pour soigner l'hôpital en crise, l'Académie nationale de médecine avance 35 propositions. Le diagnostic établi dans ce rapport est clair. La crise a pour origine la perte de sens ressentie par tous les soignants. Et couve depuis une dizaine d'années. Le constat serait partagé par l'ensemble des acteurs à l'exception « des directeurs, de la FHF et de l'ANAP », expliquent les académiciens. Comment en est-on arrivé-là ? « La gestion de la contrainte budgétaire a occulté l'objectif médical. Le fait que le directeur de l'hôpital soit le seul "patron" depuis la loi HPST de 2009 a supprimé tout poids médical dans la gestion hospitalière. » D'où la demande renouvelée d'une nouvelle gouvernance. Dans les hôpitaux, elle serait assumée par un directeur administratif qui perd son adjectif (général) et un directeur médical (ancien président de la CME). Au sein des CHU, ce binôme devient un triumvirat avec la participation d'un directeur universitaire (doyen de la faculté ou par délégation vice-doyen à la recherche). Patients et direction des soins seront également associés. 

L'autre voie pour retrouver du sens repose sur un changement de tarification. Le rapport suggère donc d'abandonner le seul critère du volume d'actes afin de privilégier désormais la qualité, le résultat : « La tarification de la qualité (le résultat clinique obtenu et le ressenti du patient) est une nécessité. »

Enfin, l'Académie appelle à réinsérer l'hôpital dans son environnement territorial, à revaloriser les personnels médicaux et soignants tout en réaffirmant le rôle des CHU. Le management exercé par les médecins eux-mêmes ne fait l'objet d'aucune critique. Dont acte. 


Source : lequotidiendumedecin.fr