Ils sont une dizaine sur les cent généralistes chefs de cliniques maîtres de stage en France à ne pas avoir touché leurs indemnités de MSU depuis 2011. Une université a en effet arrêté de les rémunérer il y a 6 ans, suivie par une seconde faculté depuis un an. Cette pratique est qualifiée d'"illégale" par le syndicat de jeunes généralistes ReAGJIR, qui craint que d'autres universités prennent la même direction.
Les universités qui refusent de payer se défendent en affirmant appliquer le décret de juillet 2008, qui dispose que "le chef de clinique ne doit recevoir aucune rémunération supplémentaire dans le cadre de ses tâches que sont l'enseignement, la recherche, les soins et la participation aux fonctions de gestion". "C'est vrai, mais seulement dans le cadre de son activité universitaire, pas dans celui de son activité de soins", répond la présidente de ReAGJIR Sophie Augros. Pour elle, rien ne justifie donc cette perte de 1 200 €/semestre pour le jeune MSU.
Ces honoraires sont pourtant prévus dans le budget de l'Assurance maladie, puis distribués par les ARS aux universités via une enveloppe dédiée. "Les services des universités françaises n'ont pas à décider si elles souhaitent ou non rémunérer les enseignants maîtres de stage", ajoute Sophie Augros, qui s'inquiète également des conséquences que pourront avoir ces refus de rémunération sur la volonté des jeunes généralistes à devenir maîtres de stage. Par ailleurs, elle rappelle que "la maîtrise de stage est le meilleur levier pour l'installation des jeunes généralistes sur le territoire et contre la désertification médicale".
Le syndicat indique que les MSU concernés sont toujours dans l'attente de la publication d'une circulaire qui devait régler ce problème. Depuis 2011, ils n'en ont cependant pas vu la couleur. Si le syndicat assure avoir le soutient du ministère de la Santé, la signature du document serait bloquée au niveau du ministère de l'Enseignement supérieur. La circulaire serait actuellement entre les mains du secrétaire d'État chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche Thierry Mandon…
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