Une déconvenue qui n’ôte rien à leur détermination. En tout début de semaine, lundi 22 décembre, le juge des référés du Conseil d'État a rejeté le recours formulé par les radiologues, la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR) et plusieurs sociétés de radiologie. Ces dernières demandaient à la plus haute juridiction administrative de suspendre l'exécution de la décision de l'Assurance-maladie prise le 14 octobre dernier. Entrée en vigueur le 5 novembre dernier, avec sa publication au Journal officiel le 18 octobre, elle acte la baisse unilatérale décidée par la Cnam de plusieurs tarifs d’actes les concernant. L’objectif de ce plan est de réaliser une économie de 300 millions d’euros sur trois ans (2025-2027) dans le secteur de l’imagerie.
Pour protester contre cette mesure, les médecins radiologues libéraux avaient organisé une journée de grève le 10 novembre, suivie par leur refus d'alimenter le dossier médical partagé (DMP) et une extension de la grève de la permanence des soins en établissements (PDS-ES), toujours en cours.
Second verdict mi-janvier
« Cette décision du Conseil d’État ne m’étonne qu’à moitié », lâche, amer, le Dr Jean-Philippe Masson, président de la FNMR, déjà fixé sur le coup d’après. « J’en prends acte, mais j’attends surtout le retour du recours sur le fond que nous avons également déposé. Il devrait intervenir vers la mi-janvier », détaille le Dr Masson, joint ce vendredi par Le Quotidien. En attendant ce second verdict, la FNMR appelle l’ensemble des radiologues « à soutenir le mouvement de grève généralisé de la médecine libérale, toutes spécialités confondues », programmé à compter du 5 janvier 2026.
Grève totale le 10 janvier
« Ce qui m’importe c’est la grève totale le 10 janvier, c’est là où le gouvernement va voir l’état du mouvement de l’ensemble des médecins libéraux contre l’horreur de ce qui les frappe », poursuit le Dr Masson. Un mouvement qui dépasse largement la seule radiologie, comme en atteste le dernier comptage de la plateforme de déclaration anonymisée des intentions de grève lancée par Jeune médecins Île-de-France, ouverte à tous les praticiens, « quels que soient leur mode d'exercice, leur spécialité, leur région, ou leurs éventuels syndicats d’appartenance ». Ce vendredi 26 décembre, ils étaient plus de 11 000 à déclarer vouloir être en grève du 5 au 15 janvier 2026.
Parallèlement, l’opération “Exil à Bruxelles” qui se tient du 11 au 14 janvier prochain, continue d’enregistrer de nouveaux inscrits. Montée par les spécialités de bloc opératoire depuis le mois d’août, elle se veut une réponse aux coups de boutoirs des pouvoirs publics à l’encontre des chirurgiens, anesthésistes et gynécologues, et plus largement, aux menaces qui pèsent sur la médecine libérale.
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