Non, le divorce n’est pas consommé et oui, le dialogue avec les médecins libéraux est bel et bien « réengagé », a affirmé en substance le directeur général de la Cnam face aux députés, ce mercredi 18 février 2026. Auditionné dans la matinée par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, pendant plus d’une heure et demie, Thomas Fatôme a tenu à rassurer sur l’état des relations entre les représentants de la médecine de ville et l’Assurance-maladie, au lendemain d’un mouvement de grève intersyndical qui a culminé début janvier.
Qu’on se le dise : ces dernières semaines, la pression étant retombée, le patron de la caisse a repris langue avec l’ensemble des syndicats représentatifs de la profession – de la CSMF à MG France en passant par la FMF, Avenir Spé, le SML et l’UFML. Des rencontres bilatérales qui seront suivies par une série de travaux conventionnels, et ce dès la semaine prochaine sous la forme d’une commission paritaire nationale (CPN).
La pertinence des soins au programme
Le 25 février, les partenaires devraient ainsi aborder le protocole pluriannuel concernant l’imagerie médicale – dont les 300 millions d’euros d’économies attendus sur trois ans – source de tension permanente. Le programme de travail ? La « pertinence des soins », a confié le DG. Cette reprise du dialogue vise à trouver une issue négociée au conflit tarifaire qui oppose depuis des mois les radiologues libéraux à la Cnam. L’objectif est de substituer aux baisses de tarifs prévues à date des mesures de pertinence des examens prescrits et réalisés (sous réserve de conserver le même niveau d’économies sur le secteur).
Quant aux travaux titanesques sur la réforme de la nomenclature des spécialistes (CCAM technique), le DG, optimiste, espère toujours atterrir « pour la fin 2026 ».
Chahuté ensuite par le député LFI Hadrien Clouet sur la pérennité du financement des maisons et centres de santé participatifs (structures SEC-Pa), un temps menacé, Thomas Fatôme a tenu à clarifier la position de l’Assurance-maladie. « Notre regard sur ces dispositifs est positif (et) la ministre de la Santé a donné des garanties importantes de continuité de financement. Des discussions sont en cours avec les services du ministère ».
« Il n’y a pas de quotas d’IJ à respecter, cela n’existe pas
Thomas Fatôme
Interrogé ensuite sur la difficulté de certains patients d’accéder au parcours de soins, faute de généralistes traitants, le patron de la Cnam a réaffirmé la pertinence du dispositif du médecin traitant mais en précisant qu’il peut « concerner un exercice coordonné, une équipe », et plus seulement des généralistes en solo.
Quant à la question très sensible de la mise sous objectifs (MSO) en première intention des généralistes prescrivant « trop » d’indemnités journalières – IJ quantifiées par « un algorithme opaque », selon la députée Zahia Hamdane (LFI) – le DG a recadré fermement. « Il n’y a pas de quotas d’IJ à respecter, cela n’existe pas. Ce sont des fake news ». Le DG a précisé que la campagne de contrôle (« d’accompagnement ») des IJ ne concernait que 1 000 généralistes identifiés comme sur-prescripteurs. Et le gouvernement s’est engagé au demeurant à supprimer la MSO obligatoire en première intention qui avait été inscrite dans le projet de loi sur les fraudes.
Quant à la situation financière de l’Assurance-maladie, elle « reste très préoccupante », diagnostique le patron de la Cnam. Le début des travaux avec les organismes complémentaires (dans le cadre de la mission AMO/AMC sur le financement de la santé) devrait être l’occasion de plancher sur de nouvelles réponses.
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