L’Assurance-maladie (Cnam) a dressé un bilan globalement positif des actions menées auprès des médecins pour favoriser les bonnes pratiques de prescription, dans le cadre de son panorama du médicament 2024 publié la semaine dernière.
Premier outil, l’ordonnance numérique. À la fin novembre 2025, 130 millions d’ordonnances ont été créées depuis le lancement du dispositif en 2022. Soixante mille médecins en ont élaboré au moins une, soit 55 % des praticiens. « En officine, l’ordonnance numérique est bien entrée dans les pratiques des professionnels de santé : toutes les pharmacies en ont exécuté au moins une », précise Thomas Fatôme, directeur général de la Cnam.
Une nouvelle campagne d’accompagnement auprès des généralistes et des pharmaciens est menée depuis avril 2025 et jusqu’en janvier 2026. À terme, le dispositif sera généralisé à l’ensemble des professionnels de santé, notamment les sages-femmes. Une expérimentation doit démarrer en 2026 au sein des établissements de santé.
Baisse des mésusages des aGLP-1
Afin de lutter contre le mésusage de certains médicaments antidiabétiques analogues du GLP-1, l’Assurance-maladie a mis en place depuis février 2025 un dispositif d’accompagnement à la prescription pour cette classe thérapeutique en plein essor. Quatre molécules sont concernées : le sémaglutide (Ozempic), le dulaglutide (Trulicity), le liraglutide (Victoza) et l’exenatide (Byetta). Parmi elles, l’Ozempic, remboursé à hauteur de 296 millions d’euros pour 475 000 patients, avec un coût moyen de 624 euros par patient à fin juin 2025, figure à la 15e place des 20 premières molécules remboursées en montants.
Le dispositif reposait sur le remplissage par le médecin d’un court formulaire fondé sur trois questions clés, conditionnant le remboursement du traitement. Il vise à vérifier la conformité des prescriptions aux autorisations de mise sur le marché et aux conditions de remboursement.
Selon la Cnam, 86 % des assurés bénéficiant d’un remboursement d’un analogue du GLP-1 présentent désormais un formulaire conforme en pharmacie. Le taux de mésusage de l’Ozempic® est ainsi tombé à 0,2 %, contre un niveau dix fois supérieur avant la mise en place du dispositif, avec un taux plus élevé chez les femmes de moins de 40 ans (2,4 %). Les patients ne présentant aucun critère compatible avec un diabète de type 2 ont été classés en « situation de mésusage probable ».

Aller plus loin sur les IPP
D’autres actions restent à consolider ou à approfondir, parmi les quinze programmes d’accompagnement des médecins évoqués par la Cnam, notamment sur les prescriptions d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) ou lors des visites ciblées auprès des prescripteurs hospitaliers.
Toujours selon le panorama de la Cnam, le poids des généralistes dans les volumes de médicaments prescrits demeure majoritaire mais tend à diminuer, passant de 70 % en 2019 à 65,4 % en 2025. En montants, la part des prescriptions des généralistes libéraux recule de 9 points sur la période, de 39,8 % à 30,7 %. Désormais, les généralistes de ville sont supplantés par les médecins en établissements (47,6% des prescriptions en montants et 16% des volumes), constate encore la Cnam.
Au total, en moyenne, un médecin généraliste prescrit chaque année 142 000 euros de médicaments remboursés (hors honoraires de dispensation) contre 87 000 euros prescrits par les médecins spécialistes.
Réseau France Santé : quel cahier des charges ?
« Les patients n’avaient plus accès au cabinet » : une généraliste de Maine-et-Loire victime des inondations témoigne
Les ESS marquent leur territoire
Télémédecine : le gouvernement prêt à déverrouiller (un peu) les consultations à distance