Trois mois après les annonces sur la refondation des urgences, la conférence nationale des URPS médecin libéraux vient de livrer ses propres propositions pour sortir l'hôpital de cette crise, en s'appuyant sur la ville. Les élus URPS rejoignent ainsi le coup de gueule poussé par les syndicats de médecins libéraux (CSMF, FMF, MG France et SML) à la suite des annonces gouvernementales. Ces derniers dénonçaient dans un communiqué commun « un plan urgences exclusivement centré sur l'hôpital » et ont même menacé d'une grève des gardes.
La conférence nationale des URPS insiste particulièrement sur la nécessité de développer une régulation médicale ambulatoire des soins au sein du futur Service d'accès aux soins (SAS). Le gouvernement envisage le SAS comme une plateforme opérationnelle 24h/24 prévoyant un accès en ligne ou par téléphone à une consultation sans rendez-vous, un service d'urgence, un conseil de santé ou une prestation de télémédecine. Or, dans l'attente du rapport sur le SAS des Drs Laurent Brechat, médecin généraliste à la maison de santé pluridisciplinaire d’Avoine (Indre-et-Loire) et Alain Prochasson, médecin de famille à Metz et président de l’Association départementale de permanence des soins de Moselle, les URPS rappellent leurs priorités. Ils tiennent à une régulation de ville via le 116 117 en créant une « filière de Prise en Charge (PEC) par la médecine de ville des soins non programmés et de la PDSA ». Les élus demandent également que soit instaurée une cogestion paritaire ville/établissement du SAS. « Les régulateurs hospitaliers reconnaissent unanimement que la régulation des appels relevant des pathologies de ville n’est pas leur cœur de métier » appuient les élus, qui proposent de s'appuyer sur des organisations « d'amont » en ville pour la régulation.
Revaloriser les soins non programmés en ville
Une autre mesure du plan Urgences prévoit un investissement de 50 millions d'euros afin d'installer des maisons médicales de garde (MMG) à proximité des services d'urgence. Là encore, les URPS considèrent que c'est une mauvaise idée. « Continuer à̀ inciter les patients à̀ faire le chemin vers l’hôpital est contraire à l'objectif recherché. Les MMG doivent au contraire être situées au plus près des patients et de plus, réparties de façon homogène en tenant compte de l’offre déjà existante sur les territoires », précise le communiqué.
Les unions de médecins libéraux demandent par ailleurs une revalorisation de la prise en charge des soins non programmés en ville. « Il est inacceptable qu'on envisage de rémunérer les établissements qui réadresseraient les patients vers la médecine de ville, sans prévoir parallèlement une valorisation des actes de soins non programmés pour les médecins qui accepteront de bousculer leurs agendas pour prendre en charge ces mêmes patients », estime la conférence.
Enfin, l'extension de la permanence des soins au samedi matin est une autre demande des représentants des médecins libéraux. « La société a évolué et depuis l'instauration des 35 heures, la plupart des patients considèrent que le week-end commence le vendredi soir. Il en est de même pour les médecins. Les cabinets libéraux pour beaucoup d’entre eux sont fermés le samedi matin ; les jeunes médecins préservant leur vie personnelle après une semaine déjà largement remplie », martèlent les Unions.
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