Récemment regroupés au sein d’une Fédération de la biologie médicale (FBM), les biologistes rappellent ce mercredi 4 février, date de la journée mondiale contre le cancer, qu’ils constituent des « acteurs clés » dans le dépistage et le diagnostic. « La précocité est non seulement déterminante sur le plan médical, mais constitue également un levier essentiel de soutenabilité pour notre système solidaire de prise en charge des soins et des traitements », argumente la FBM.
Las, persistent de multiples freins institutionnels ou réglementaires qui, selon eux, handicapent l’efficacité des politiques de dépistage. C’est le cas des kits de dépistage du cancer colorectal : « Les biologistes et leurs équipes, qui accueillent chaque jour des centaines de milliers de patients dans leurs laboratoires, ne peuvent toujours pas assurer cette délivrance, malgré l’accord signé avec la Cnam le 20 décembre 2024 », charge la Fédération, qui souhaite passer à l’acte.
Situation analogue pour le dépistage du cancer du col de l’utérus pour lequel la spécialité réclame un « choc de simplification » (avec un module d’éligibilité des femmes à dépister alors que 40 % d’entre elles ne le sont pas ou insuffisamment). La distribution des vaccins doit également enfin être possible en laboratoire afin d’augmenter la couverture vaccinale contre le HPV, plaident les biologistes médicaux. « Après les mots, il faut des actes. Osons l’innovation organisationnelle : les femmes seront les premières bénéficiaires », réaffirme la profession.
Dépistage du cancer du sein : un modèle fragilisé ?
Pas en reste, la radiologie libérale rappelle son rôle central dans le dépistage du cancer du sein mais aussi au-delà, « à un stade clé de la prise en charge avec un diagnostic certain », argue leur fédération (FNMR). En 2014, on comptait 9 500 biopsies chirurgicales mammaires par an. En 2023, ce chiffre est tombé à moins de 150 actes, au profit de plus de 25 000 macro-biopsies ambulatoires réalisées par les radiologues. Cette évolution permet d’éviter hospitalisations, actes invasifs et séjours de plusieurs jours. « Le gain pour l’Assurance-maladie se chiffre en millions d’euros d’économies », estime le Dr Jean-Philippe Masson, chef de file de la FNMR.
Or, ce modèle de dépistage du cancer du sein serait « fragilisé » par le contexte économique et tarifaire du secteur. Et la FNMR de citer la cotation d’une mammographie au montant de 66,42 euros en 2004 et au même tarif en 2026, plus de 20 ans après, alors que le coût des équipements a bondi. « Un mammographe (qui) coûtait environ 80 000 euros au début des années 2000 (…) coûte aujourd’hui autour de 250 000 euros », illustre la fédération pour qui ce décrochage économique « fait peser un risque réel sur la santé des patientes » car « il limite les investissements, ralentit le renouvellement des équipements et fragilise l’offre de proximité ».
Réseau France Santé : quel cahier des charges ?
« Les patients n’avaient plus accès au cabinet » : une généraliste de Maine-et-Loire victime des inondations témoigne
Les ESS marquent leur territoire
Télémédecine : le gouvernement prêt à déverrouiller (un peu) les consultations à distance