Revenus libéraux 2025 : déclarer en gestionnaire averti

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Publié le 02/02/2026
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Vous êtes médecin libéral. Établir votre déclaration de revenus libéraux 2025 ne peut donc s’envisager que d’une seule manière : dans le sens de vos intérêts. Car au contraire des revenus salariés, votre statut de libéral vous offre des options de gestion et des marges de manœuvre pour atténuer le plus possible vos prélèvements obligatoires (PO) : cotisations sociales et impôt.

Jusqu’à début mai 2026, vous disposez de certaines latitudes sur vos recettes et dépenses annuelles, et sur vos choix de gestion

Jusqu’à début mai 2026, vous disposez de certaines latitudes sur vos recettes et dépenses annuelles, et sur vos choix de gestion
Crédit photo : VOISIN/PHANIE

Entreprise individuelle (EI) soumise aux BNC réels

Jusqu’au dernier moment de votre temps déclaratif, soit début mai 2026, vous disposez de certaines latitudes sur vos recettes et dépenses annuelles, et sur vos choix de gestion (par exemple frais forfaitaires versus frais réels sur certains postes clés) lorsque vous déclarez en régime réel sur le formulaire n° 2035.
● Et tout cela aura un impact direct côté fiscal sur votre impôt personnel. Comment y parvenir ? Il vous suffit d’être bien informé, ou de vous faire judicieusement conseiller sur les choix cruciaux. Comptez donc sur nos articles jusqu’à fin avril. Un rappel d’emblée : être adhérent d’une AGA est totalement contre-indiqué : devenue déjà inutile depuis 2023 et coûteuse à assumer en temps et en argent, la seule indication rarissime de l’adhésion AGA qui persistait jusqu’à fin 2024 (sous la forme de réduction d’impôt « pour frais de comptabilité », sous conditions drastiques) a disparu en 2025. Par ailleurs l’augmentation théorique du risque de contrôle fiscal hors AGA constitue un ultime et ridicule argument brandi par quelques AGA pour tenter de prolonger leur survie.
● Côté social, attention à la modification radicale des règles du jeu - Dès le 1er janvier 2025, la réforme de l’assiette sociale a comme première conséquence d’exclure la déductibilité directe de vos cotisations sociales obligatoires (CSO Urssaf et Carmf) de la détermination du nouveau revenu social unifié (RSu). La gamme de vos opportunités d’économies sociales s’en trouve donc très réduite. Tandis que sa seconde conséquence péjorative est d’alourdir notablement et rétroactivement vos ponctions Carmf (voir nos deux articles précédents).

En EI soumise au micro-BNC

L’attrait de ce véritable petit paradis fiscal et social est encore renforcé par la réforme de l’assiette sociale de 2025. En effet, cette assiette n’est pas ici le RSu mais reste, par exception, le micro-BNC (soit recettes imposables moins 34 % d’abattement fiscal forfaitaire). Alors qu’en régime BNC réel, l’abattement forfaitaire s’appliquant pour déterminer l’assiette des cotisations sociales (RSu) est de 26 %. Rappel : il est possible pour certains de nos lecteurs de se maintenir avec méthode en régime micro-BNC tous les ans, en dépassant sous conditions le plafond fiscal de ce régime micro-BNC.

En EI-EURL/IS

Si vous aviez décidé dès le premier trimestre 2025 de l’assimilation de votre EI à une EURL soumise à l’impôt société (EI-EURL/IS), vous disposez alors de nombreux choix de gestion et donc d’opportunités d’optimisation, tant en fiscal qu’en social. Mais à condition que vous soyez bien piloté par un conseiller spécialisé, particulièrement sur l’arbitrage complexe et sur mesure entre vos différentes rémunérations (rémunération de travailleur indépendant versus dividendes) avec toutes les conséquences que cet arbitrage emporte sur plusieurs années.
Rappels :
● l’EI-EURL/IS concerne sans exception tous les médecins libéraux les plus fiscalement taxés par le barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (à partir de 30 % de TMI et bien sûr au-delà) ;
● inutile de rappeler que les logiciels de comptabilité en ligne (genre Indy ou autres) ainsi que les services de comptabilité en ligne (assurément discount, mais pas que…) n’ont aucune possibilité d’intégrer ce que vous venez de lire. Ce sont des outils de production de masse.

En SEL

Depuis l’étonnante réforme de fin 2022, vous devez désormais soumettre individuellement aux BNC vos rémunérations de fonctions techniques (RFT, ex-RTI pour rémunérations de travailleur indépendant) de praticien servi par sa SEL. Avec ici un très intéressant accès possible au régime micro-BNC pour vos RFT ; mais attention, sous conditions différentes de celles de l’EI-BNC.
Deux précisions :
● au contraire de l’EI-EURL/IS, la SEL ne concerne pas tous les médecins libéraux, car plusieurs catégories en sont exclues statutairement, tous les médecins remplaçants par exemple ;
● notre remarque sur la production de comptabilité de masse du paragraphe précédent vaut encore plus ici : il existe malheureusement aussi une production de masse de SEL par des cabinets comptables ou des officines de conseils visant les médecins. Dont bon nombre se limitent au service minimum où, vos économies, restant modestes, épongent à peine les surcoûts de structuration (statuts, comptabilité, cotisation ordinale, assurances, etc.). Gare aux désillusions.

Il n’est pas trop tard pour exploiter à votre profit l’assimilation de votre EI à une EURL/IS ou sa transformation en une véritable SEL

Et que faire pour améliorer 2026 ?

Il n’est pas trop tard pour exploiter à votre profit et dès votre exercice 2026 ces nouvelles armes aussi légales que sophistiquées que sont l’assimilation de votre EI à une EURL/IS ou sa transformation en une véritable SEL : de nombreuses perspectives de pilotage de gestion pourraient atténuer plus significativement encore vos PO en fiscal + social de TNS, prévus comme massivement renforcés en raison de durcissements budgétaires inédits touchant de plein fouet les médecins libéraux, ceux exerçant en secteur 1 inclus comme nous l’avons montré dans nos deux précédents articles.

Médecins pluriactifs en activité mixte

Tout ce qui précède concerne les options déclaratives de vos revenus libéraux (TNS), et non celles de vos éventuels revenus salariaux 2025 (ou 2026) en cas d’activité médicale dite « mixte ». D’un point de vue déclaratif, ces deux catégories de revenus obéissent à des règles bien distinctes et se déclarent sur des imprimés fiscaux bien distincts. Bonne nouvelle : d’un point de vue stratégique, concernant vos opportunités de gestionnaire averti, vos prélèvements obligatoires sur ces deux sources distinctes de revenus se combinent et toute réflexion sur leur optimisation doit être globale car les conséquences s’entrecroisent : un article complet paraîtra ici au printemps sur ce sujet.

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Source : Le Quotidien du Médecin