Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi après-midi à Paris pour s'opposer au déménagement de la maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis) et demander que ce lieu emblématique de la lutte pour les droits des femmes "vive aux Lilas". "Ca fait quatre ans que nous nous battons, on ne lâchera pas", a lancé Marie-Laure Brival, porte-parole du collectif de la maternité, au personnel de l'établissement privé qui avait revêtu des blouses couleur lilas pour manifester. Pilule, avortement, accouchement sans douleur: l'histoire de la maternité des Lilas - 50 ans cette année - est liée à la lutte pour le droit des femmes. Mais ses locaux sont vétustes et elle devait être reconstruite dans le même quartier. Or ce projet a été annulé en juin pour des raisons financières par l'Agence régionale de santé (ARS), qui a préconisé un déménagement à 3,5 km de là, au centre hospitalier de Montreuil. Mais le personnel craint de devoir renoncer à la spécificité de son approche, centrée sur la liberté de choix des femmes.
Chargé par l'ARS d'évaluer les deux projets, le professeur René Frydman a jugé les deux solutions "valables" en termes de "fonctionnement médical et d'accueil des patients".Mais une relocalisation à Montreuil coûterait "entre 8 et 10 millions d'euros", contre environ 24 millions pour une reconstruction aux Lilas, fait valoir l'ARS. L'aide que pourra fournir l'Agence ne pouvant "excéder un montant de 8 à 10 millions d'euros", si la deuxième solution l'emportait, "il serait nécessaire que les collectivités territoriales ou d'autres financeurs (...) acceptent d'assurer le financement complémentaire", a-t-elle prévenu dans un courrier adressé dernièrement à la maternité.
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