Environ 160 jeunes médecins généralistes et remplaçants se sont donné rendez-vous le 6 et 7 décembre à Avignon, dans la mythique Cité des papes aux 7es rencontres nationales du Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (ReAGJIR) pour faire le point sur leurs pratiques et fêter les dix ans du syndicat.
Nouveauté cette année, le syndicat a convié les collectivités territoriales pour rencontrer directement les participants. À l'heure où l'accès aux soins, la démographie médicale et l'installation de la jeune génération est au cœur de l'actualité santé, cet échange arrive à point nommé. Et les deux parties ont de nombreuses questions. Les praticiens cherchent à identifier les bons interlocuteurs (maires, départements, régions, Ordre, ARS…) pour lancer un projet, mieux connaître le fonctionnement politique et insistent sur l'importance d'une bonne communication entre tous les acteurs. Les collectivités, elles, découvrent les envies de la nouvelle génération. « Le but est d'expliquer le fonctionnement du jeune médecin d'aujourd'hui, témoigne Élodie, généraliste installée depuis un an dans le Nord qui suit la session. J'ai compris comment échanger avec les autres sur les actions possibles et pertinentes », à mener.
S'installer à proximité du lieu de vie
Parmi les facteurs d'attractivité, les jeunes plébiscitent le cadre de vie, le projet professionnel collectif, le travail pour le conjoint ou encore l'accompagnement dans les démarches administratives. « 66 % des internes veulent s'installer à proximité de leur lieu de vie », rappelle le Dr Yannick Schmitt, président de ReAGJIR, citant une étude de l'Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG). Plusieurs freins à l'installation, connus, ont été rappelés lors du congrès. Ils regroupent le temps de travail, la charge administrative et les charges financières d’investissement et de fonctionnement. « Si on veut favoriser l'installation, ce sont ces freins-là qu'il faut lever dans la tête des jeunes médecins », souligne le Dr Schmitt.
Cette séance fut aussi l'occasion de rappeler qu'il faut sécuriser le début d'activité « pour encourager les jeunes praticiens à poursuivre sur la voie de l'exercice en ville, aujourd’hui majoritairement libéral », poursuit le Dr Schmitt. Trois axes de travail sont impératifs aux yeux de ReAGJIR : la formation, la découverte du libéral au travers du remplacement puis le grand saut via l'installation. ReAGJIR se réunira dès la fin du congrès, le 8 décembre, pour débattre et valider une liste d'une dizaine de propositions. 4e année du diplôme d'études spécialisées (DES) de médecine générale, licence de remplacement, protection sociale du médecin remplaçant et intégration dans la convention ou encore amélioration des contrats de remplacement et de collaboration seront au menu.
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