Marisol Touraine a présenté à Chalon-sur-Saône un premier bilan de son action contre les déserts médicaux, un an après le lancement son pacte Territoire Santé. « Les résultats sont là, les chiffres parlent d’eux-mêmes », a déclaré la ministre de la Santé, qui a détaillé l’avancement des douze engagements de son plan national pour améliorer l’accès aux soins, inaugurant par la même occasion, comme un symbole, un nouvel hélicoptère du SAMU.
Les échéances électorales prochaines, probable prélude à un remaniement ministériel, ne sont sans doute pas étrangères à cet exercice d’autosatisfaction. L’accès aux soins urgents en moins de 30 minutes, promesse de campagne de François Hollande, s’est sensiblement amélioré grâce notamment au doublement du nombre de médecins correspondants SAMU et aux quatre nouveaux hélicoptères dédiés aux SMUR livrés depuis un an, qui portent leur nombre à 43.
L’envol des MSP
Les maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) ont essaimé. Au nombre de 174 en 2012, elles seront 600 fin 2014. Le Dr Pierre de Haas, président de la Fédération française des maisons et pôles de santé (FFMPS), donne quitus à la ministre pour son action. « C’est le mode d’exercice de demain », prédit-il.
La ministre de la Santé a su rassurer la jeune génération en défendant bec et ongles les mesures incitatives à l’installation. Le stage de découverte de la médecine générale pendant le 2e cycle des études médicales est depuis un an réalisé par 10 % de carabins supplémentaires. Les bourses proposées aux étudiants en contrepartie d’une installation dans une zone sous-médicalisée (CESP) ont séduit plus d’étudiants et d’internes que par le passé. De même, Marisol Touraine est presque parvenue à recruter son contingent de 200 praticiens territoriaux de médecine générale (PTMG), dispositif emblématique de son plan, qui garantit une rémunération minimale de 3 640 euros nets par mois et une protection sociale aux praticiens qui s’installent pendant au moins deux ans dans un désert. Mais ces chiffres cachent un certain flou. Le ministère n’est pas en mesure de détailler le profil des médecins signataires. Un grand nombre étaient déjà installés ou avaient projeté de le faire lors de la conclusion du contrat, et une part importante sont titulaires d’un diplôme étranger.
L’incitation en mot d’ordre
Si le recul manque encore pour en apprécier les résultats définitifs, ce plan démographique aura eu le mérite d’apaiser, depuis un an, les relations avec la jeune génération. Les étudiants (ANEMF) et les internes (ISNI) saluent l’esprit de concertation du ministère de la Santé et la mise au placard de la coercition.
Les commentaires des médecins libéraux sont plus contrastés. La CSMF parle de dynamique positive tandis que MG France met en balance « la satisfaction de Marisol Touraine et la situation catastrophique sur le terrain ». La FMF et le SML sont en revanche très sévères et réclament un investissement massif pour la médecine générale. Le développement des rémunérations des équipes est au point mort et les transferts de compétences rencontrent de sérieuses réticences des médecins.
La ministre a tout de même séduit jusqu’à ses adversaires politiques. Le député UMP du Loiret, Jean-Pierre Door, estime ainsi que plusieurs dispositions du pacte étaient nécessaires mais « elles seront longues à produire tous leurs effets ». « Marisol Touraine a repris à son compte de nombreux outils mis en place par nous-mêmes, et c’est très bien comme ça », conclut non sans malice le parlementaire.
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