Trois ans dans un désert en début de carrière : la nouvelle idée choc d'un député centriste

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Publié le 02/09/2016

Déjà bien connu de la profession pour deux propositions de loi musclées visant à lutter contre les déserts médicaux, le député UDI d'Eure-et-Loir Philippe Vigier revient à la charge. Le parlementaire présentera en octobre une troisième proposition à l'Assemblée nationale, a-t-il annoncé jeudi dans « la Croix ».

Philippe Vigier se montre sceptique sur la portée des nouvelles incitations à l'installation prévues dans la convention tout juste signée – une aide de 50 000 euros versée en deux fois doit inciter les médecins à visser leur plaque en début de carrière en contrepartie d'un engagement à exercer pendant cinq ans dans une zone sous-dense.

« Les incitations financières ont montré leurs limites, il faut réguler davantage l'installation », confie l'élu centriste au « Quotidien », bien décidé une nouvelle fois à ouvrir le débat de la liberté d'installation à quelques mois de l'élection présidentielle.

Une forme de service civique

Le député préconise de régionaliser les actuelles épreuves classantes nationales (ECN) avec des concours d'internat organisés dans les 13 nouvelles régions. Selon ce schéma, les futurs internes choisiraient un poste dans la région dans laquelle ils ont passé le concours. 

« Un interne peut donner trois ans à l'issue de sa formation pour exercer dans une zone sous-dense de la région dans laquelle il a été formé, propose-t-il. Libre au candidat de passer l'internat dans trois régions, de faire son choix et de bouger à l'issue de ces trois ans. »

L'élu suggère que les jeunes médecins seront peut-être tentés, au bout de trois ans, de rester dans la région. 

Une sorte de « service civique » de la santé proposée par le député centriste vivement rejetée par les médecins sur les réseaux sociaux.

Certains médecins tirent déjà des conclusions sur l'issue de leur vote à l'instar du patron de l'Union française pour une médecine libre (UFML).

Mise à jour (5 septembre 2016) :

Quelques jours après la polémique, la CSMF a réagi sur les réseaux sociaux, estimant que « forcer un jeune médecin à s'installer en zone sous-dense pendant trois ans ne va pas redonner de l'attractivité à l'exercice libéral ».


Source : lequotidiendumedecin.fr