LE QUOTIDIEN : Déprimés ? Pas déprimés ? Comment qualifieriez-vous le moral des médecins ?
DAMIEN PHILIPPOT : Les médecins libéraux n’ont pas le moral à zéro. On le vérifie en mesurant leur satisfaction à l’égard de leur situation professionnelle, même s’il faut nuancer : les hommes sont plus insatisfaits que les femmes, et l’on mesure un net décalage générationnel et géographique. En tout état de cause, on est face à une profession qui n’a pas lâché l’affaire.
Que nous disent leurs motifs d’insatisfaction ?
Quand ils sont insatisfaits, les médecins l’expliquent en premier lieu par des raisons structurelles, notant la dégradation du système de santé. La question du revenu n’est pas négligeable non plus. Mais l’intérêt du métier n’est pas en cause : il n’y a pas de désamour du métier. Ce qui mécontente les médecins, c’est de ne pas pouvoir l’exercer dans les conditions les meilleures.
Reste le jugement très négatif sur l’évolution du statut social : il y a unanimité sur une dégradation. Là aussi, les plus âgés sont nettement plus négatifs que les plus jeunes, et la région parisienne est bien plus sévère que les zones rurales.
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