Une étude de la Drees (ministère de la Santé) nous apprend que « plus on est jeune, plus on est diplômé, plus on a recours à la téléconsultation ». Autrement dit, les patients qui utilisent davantage les outils en visio ne sont pas ceux ayant le plus de difficultés pour se déplacer, comme les personnes âgées ou celles en situation de handicap. En 2024, un quart des moins de 45 ans a eu recours à la téléconsultation au cours des douze derniers mois, contre 14 % des 45-59 ans et 6 % des 60 ans ou plus ! En outre, cette pratique à distance s’est davantage développée « dans les grands centres urbains que dans les petites villes ou les territoires ruraux », où l’offre de soins est pourtant moindre. De fait, un habitant sur cinq des métropoles a eu recours à la téléconsultation contre seulement un sur dix dans le rural (péri-urbain ou non péri-urbain).
Après avoir connu son âge d’or pendant la pandémie, la téléconsultation cherche encore sa place
Ainsi, les consultations à distance semblent toujours peiner à atteindre leur cible et à combattre la désertification médicale. En avril 2025 déjà, la Cour des comptes pointait cette lacune fondamentale et rappelait l’objectif de favoriser l’accès aux soins dans les zones fragiles, pour des publics cibles vulnérables, tout en s’inscrivant dans une logique de parcours.
Pourtant, le fait que les jeunes soient davantage utilisateurs des consultations à distance n’est pas forcément un mauvais signal. En effet, cette population fragile a deux fois plus recoursà des soins non programmés – la téléconsultation pouvant s’avérer précieuse pour offrir cette solution rapide. Par ailleurs, la nouvelle étude de la Drees montre que les résidents des communes sous-dotées en généralistes ont téléconsulté « un peu plus souvent au cours des douze derniers mois » que ceux des communes un peu mieux pourvues. Finalement,la téléconsultation remplit une partie de ses objectifs.
Les lignes pourraient bouger. Fin janvier, lors des Assises de la télémédecine, la ministrede la Santé, Stéphanie Rist, a ouvert la voie à des dérogations au seuil maximal de 20 % de téléconsultations pour les médecins retraités, les remplaçants ou « lorsque le système de santé fait face à des tensions fortes, à l’instar de la période hivernale ». Suffisant ? La Fédération des entreprises de télésanté (LET) alerte de son côté sur le modèle économique à renforcer, notamment pour les téléconsultations assistées et le parcours numérique des patients chroniques. Après avoir connu son âge d’or pendant la pandémie, cette pratique cherche encore sa place dans l’offre de soins.
Débat
La médecine salariée, solution aux déserts médicaux ?
Enquête flash : oui à une clause de conscience explicite pour l’aide à mourir
C’est vous qui le dites
Notation sur le net : « Ce sont les patients irrespectueux qui prennent la plume »
Une infirmière suspendue pour avoir refusé d’ôter son calot