CONTRIBUTION - Les données sur la situation épidémiologique de Covid-19 en France ont fait apparaître en juin une nette amélioration du fait de la baisse des nouveaux cas positifs, du taux d’incidence, du nombre de nouvelles hospitalisations et d’entrées en soins critiques. Et l’on note même une dissociation entre le nombre de personnes contaminées et le nombre de personnes hospitalisées. Le virus circule plus difficilement qu’il y a un an, du fait de la vaccination.
La crise sanitaire n’est pas terminée : le variant Delta menace l’été
Les Français aspirent à profiter des joies de l’été et d’un retour à la vie normale. Mais, comme l’été dernier, la pression se relâche. Pourtant, la crise sanitaire n’est pas terminée.
Le ralentissement de la cadence de vaccination et la propagation du variant Delta, nouvelle souche du SARS-CoV-2 beaucoup plus contagieuse, alors même que les restrictions sanitaires viennent d’être allégées laissent craindre une hausse des contaminations en France.
Le taux de positivité atteint 1,1 % au 7 juillet. Le variant Delta poursuit sa progression en France où il représente environ 43,2 % des nouvelles contaminations. Nous serions actuellement au même niveau que nos voisins britanniques, il y a 2 mois. À Paris, le variant Delta représente déjà plus de la moitié des cas. Des records de contaminations sont enregistrés en Russie. Plusieurs pays ont de nouveau adopté des mesures restrictives afin d’enrayer la progression de ce variant.
Un plan de vaccination mal engagé et à maintes reprises modifié
Le gouvernement avait dû fait face à de nombreuses critiques dans sa gestion de la campagne de vaccination, en raison d’un démarrage poussif, d’une impréparation des approvisionnements en vaccins et des retards constatés par rapport à d’autres pays européens.
Il avait déterminé les personnes prioritaires à la vaccination, en fonction de leur âge et de l’arrivée progressive des doses de vaccins : les résidents d'EHPAD et autres établissements collectifs dès début janvier, les personnes à risque entre février et mars.
Les cafouillages de la suspension de l’administration du vaccin AstraZeneca, puis son interdiction aux moins de 55 ans restent révélateurs des modifications successives du plan de vaccination du gouvernement.
Au total, la politique de priorisation de la vaccination par tranches d’âge successives aura été une erreur, car il fallait dès le départ mettre en œuvre une stratégie de vaccination de masse.
Une politique vaccinale en panne
Ce qui est inquiétant, c’est le ralentissement de la cadence de vaccination alors qu’une course est engagée entre la vaccination et la progression du variant Delta. J’ai moi-même constaté sur place dans plusieurs centres de vaccination qu’il reste des créneaux de rendez-vous. Fin juin, le nombre quotidien de personnes ayant reçu au moins une dose enregistrait une baisse de 23,6 % en sept jours. En même temps le nombre de deuxièmes doses injectées augmentait de 15,6 % en sept jours. Le volume de deuxièmes injections freinerait, dans ces conditions, le nombre quotidien de nouvelles premières doses. Le risque est donc une décélération de la campagne vaccinale, au moment même où le variant Delta accélère sa progression sur le territoire français, même si la vaccination vient de repartir à la hausse avant les départs en vacances.
En cause, le défaut d’actions d’accompagnement des personnes les plus éloignées du système de santé et de celles en situation de vulnérabilité sociale, l’insuffisance de l’information et de la sensibilisation, le plafond des 20-50 ans, rétifs à la vaccination, ainsi qu’une diminution de la motivation à se faire vacciner au moment de l'amélioration de la situation sanitaire. En cause aussi la gratuité des tests pratiqués pour convenances personnelles chez les personnes non vaccinées et qui peuvent détourner de la vaccination.
Pour l’obligation vaccinale, condition de l’immunité collective
Force est de constater que la logistique n’a pas été à la hauteur de la prouesse scientifique de la découverte rapide des vaccins anti-Covid. Le ministre de la Santé se dit certes favorable au déploiement de moyens incitatifs. Mais au rythme actuel de la vaccination, la couverture vaccinale propre à assurer l’immunité collective ne saurait être atteinte avant au moins le mois de novembre. Au 5 juillet, 37 % des Français avaient reçu les deux injections de vaccin. C’est encore très loin de l’immunité collective.
Or la seule véritable protection, c’est l’immunité collective. La vaccination est une arme pour lutter contre la propagation du variant Delta en France et son obligation pour les personnes âgées de plus de 12 ans doit être envisagée, vient de déclarer la présidente de la Haute Autorité de santé. Compte tenu des conditions de production, il est maintenant réaliste de rendre la vaccination obligatoire pour tous et pas seulement pour certaines catégories, comme l’envisage le gouvernement.
Rappelons qu’ont été rendues obligatoires les vaccinations contre la diphtérie en 1938, contre le tétanos en 1940 et contre la poliomyélite en 1964. Et au 1er janvier 2018, les obligations vaccinales pour les jeunes enfants sont passées de trois à onze. Il s’agirait donc d’élargir contre la Covid l’obligation vaccinale.
Dans l’attente de la généralisation de la vaccination anti-Covid, il convient de mettre en œuvre dans les meilleurs délais le pass vaccinal.
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