Non, les libéraux ne délaissent pas les gardes. N’en déplaise aux députés qui soutiennent la proposition de loi transpartisane contre les déserts médicaux, examinée cette semaine à l’Assemblée. Outre les velléités de régulation de l’installation, le texte porte aussi sur le retour de l’obligation de permanence des soins. Les élus dénonçant le principe du volontariat, « pas suffisant pour répondre à la demande de soins exprimée par la population sur le territoire ».
Près de 40 % des généralistes participent à la PDSA
Le Conseil national de l’Ordre des médecins a donc dégainé son enquête annuelle sur l’état des lieux de la PDSA en médecine générale. Et il en ressort une participation très légèrement en hausse parmi les généralistes susceptibles de prendre des gardes. Ils étaient 39,56 % en 2024, contre 39,34 % l’année précédente, ce qui représente 26 000 médecins volontaires, un record depuis 2018 ! Par ailleurs, en cohérence avec l’évolution de la profession, l’enquête montre une nouvelle baisse de l’âge moyen (45 ans contre 47,4 ans en 2018) et une féminisation des volontaires. La moitié des effecteurs et 41 % des médecins régulateurs sont des femmes, contre respectivement 49 % et 39 % en 2023. L’Ordre note également une augmentation de près de 6 % du nombre de généralistes impliqués dans la régulation.
Autre élément de satisfaction : la couverture par les effecteurs des territoires durant les week-ends et jours fériés s’établit à 97 %. Un chiffre stable. Et si les zones blanches sont beaucoup plus importantes en nuits profondes (27 % de territoires couverts), le Cnom rappelle que « seuls 3 % des actes médicaux sont réalisés » pendant ces périodes. L’Ordre alerte cependant sur les soirées, qui enregistrent une diminution de 3 % du nombre de secteurs couverts, ce qui représente tout de même 93 % des territoires. Les conseils départementaux pointent l’évolution de la démographie médicale et le vieillissement des praticiens dans certains secteurs mais aussi d’autres facteurs comme l’épuisement professionnel, le manque d’attractivité de ces gardes, l’insécurité… Si on ne connaît pas, au moment où nous bouclons, l’issue des discussions parlementaires, Mesdames et Messieurs les députés, sous couvert d’améliorer l’accès aux soins, n’oubliez pas non plus de prendre soin de ceux qui soignent !
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