La santé est désormais le cœur de métier de Philips alors que vos concurrents comme GE et Siemens se sont recentrés sur d’autres activités.
Nous avons choisi d’être à 100 % dans le domaine de la santé et du bien-être. Et afin d’être toujours plus performants, nous investissons 1,8 milliard d’euros chaque année dans la R&D, notamment dans les logiciels qui embarquent des algorithmes et donc de l’intelligence artificielle. Depuis 2016, le groupe Philips a opéré à un recentrage sur les activités de santé et de bien-être. Philips en quelques années est devenu un acteur du logiciel. Nous sommes désormais une entreprise informatique en santé. Certes, nous fabriquons des équipements. Mais ils embarquent de la technologie, de l’IA. C’est un pari fort. C’est en fait la seule opportunité pour aller de l’avant. Cette médecine augmentée doit contribuer à régler des problèmes majeurs comme la démographie médicale ou la charge de travail qui croît inexorablement par exemple.
Quelles sont les spécialités en dehors de l’imagerie et de l’anatomopathologie qui sont concernées par les avancées de l’IA ?
On peut citer la réanimation. Leaders dans le monitorage, nous avons développé des algorithmes permettant de déceler de manière préventive des détériorations, des chocs septiques avant qu’ils ne se produisent sur la base de données issus des moniteurs. Toutes les spécialités devraient à terme être bouleversées par cette vague de l’IA dans la santé. Si l’on revient à l’imagerie, nous avons développé un échographe ultraportable, le lumify, qui se connecte à un smartphone. De plus en plus, nos logiciels aident à la réalisation d’un geste technique. Nous allons démocratiser l’accès, uniquement aux médecins, de certaines disciplines, l’imagerie aux non-spécialistes par exemple. Dans d’autres spécialités, elle libère le praticien de tâches ingrates comme le comptage à l’œil nu par l’anatomo-pathologiste du nombre de cellules. Nous augmentons le champ du possible.
Certains médecins expriment la peur d’être remplacés par la machine.
Cette peur n’est pas justifiée. Le besoin de médecin est de plus en plus grand. Le problème est plutôt celui de la rareté du temps médical. Nous nous efforçons d’augmenter le temps médical afin qu’il soit réinvesti dans l’échange avec le patient.
Les médecins français sont-ils plus frileux que d’autres ?
Les courbes d’adoption des progrès technologiques semblent plus rapides dans les pays anglo-saxons. Des réseaux d’anatomo-pathologistes se sont déployés aux Pays-Bas, en Belgique. Les médecins français sont enclins à l’utilisation des nouvelles technologies, mais la mise à disposition de celles-ci sur le marché français relève parfois du parcours du combattant. Nous sommes en train de prendre du retard en matière d’investissement dans des équipements très innovants. Citons le scanner spectral qui permet de voir des éléments indétectables avec des équipements haut de gamme. Trente appareils de ce type sont déployés au Japon, cinq en France. La pression financière sur les établissements hospitaliers s’exerce au détriment des investissements dans les dernières innovations. Il y a là un réel danger de déclassement, une perte de chance.
Vous avez investi dans la création d’un grand centre de recherches sur l’IA à Paris. Comment vous distinguez-vous des Gafa dans ce domaine ?
Notre originalité est de disposer d’équipements au contact des patients. L’IA ne peut se développer seulement dans le cloud. La puissance de l’IA est de se développer au sein d’un équipement utilisé par un médecin au service d’un patient. C’est de la recherche in vivo. Nous avons par ailleurs noué des partenariats avec des CHU français, européens. Les Gafa ont certes des budgets d’investissements colossaux. Mais il y a de la place pour tout le monde. Notre recherche n’est pas totalement virtuelle. L’outil dans les mains des praticiens fera la différence.
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