Gyrophares allumés et sirènes hurlantes, quelques dizaines de soignants du Samu se sont brièvement rassemblés aujourd’hui devant l'Assemblée nationale. Ils s'opposent au projet de numéro unique, inclus dans une proposition de loi en cours de discussion.
En provenance des huit départements d'Île-de-France mais aussi de Beauvais, Bourges, Lille ou encore Rouen, une vingtaine de véhicules sont arrivés peu avant dix heures sur le pont reliant la place de la Concorde à l'Assemblée, rapidement bouclé par la police.
« Une perte de chance » pour les malades
À l'initiative de cette opération, le président de l'association Samu-Urgences de France, Dr François Braun, a affirmé vouloir « sauver le Samu », mis « en danger » par le projet de numéro unique pour les services de secours (santé, police, pompiers). Ce texte entraînera selon lui « une perte de chance » pour les malades.
Une crainte partagée par Dr Vincent Brulin, urgentiste au Samu 59 (Nord), qui explique que « l’opérateur sera un secouriste, mais pas forcément quelqu'un de qualifié pour les urgences médicales » et assure que dans son département « les pompiers de terrain ne veulent pas du numéro unique ». À l’instar des libéraux qui s'étaient exprimés également contre dans une tribune au mois de juin dernier.
Un préavis de grève déposé
Objet depuis longtemps de polémiques entre bleus, blancs et rouges, le dispositif est pourtant sur le point de voir le jour, via une proposition de loi sur la « valorisation des sapeurs-pompiers », votée en mai par les députés puis fin septembre par les sénateurs, avec toutefois quelques modifications adoptées contre l'avis du gouvernement.
Or « ce texte modifié par le Sénat, nous n'en voulons pas », a expliqué Dr Braun, qui réclame un retour à la version de l'Assemblée. L'association Samu-Urgences de France a déjà « déposé un préavis de grève à partir du 12 octobre », que les Samu sont prêts à suivre, même s'ils « ne mettront jamais en danger la vie des patients », selon son président. Les parlementaires, qui examineront le texte jeudi matin en commission mixte paritaire, sont prévenus.
(Avec AFP)
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