Le Ségur de la santé, qui devait éteindre l'embrasement social qui menaçait l'hôpital ces dernières années grâce à une revalorisation des professionnels, a-t-il réellement tenu ses promesses ? Rien n'est moins sûr. Des praticiens hospitaliers ont entamé lundi une « grève illimitée » pour dénoncer « l'inégalité » créée par l'accord adopté cet été, qui accélère les carrières des nouveaux médecins mais pas celles de ceux déjà en poste.
A l'initiative de cette grève, le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (Snphare) observe que la suppression des trois premiers échelons de carrière est certes favorable aux nouveaux embauchés, mais que les praticiens ayant été recrutés avant 2020 « se voient désavantagés de quatre années d'ancienneté par rapport à leurs collègues nommés cette année ».
Le syndicat réclame « l'application rétroactive » des « mesures de décompte de l'ancienneté » et « l'accélération de carrière de quatre ans d'ancienneté pour tous les praticiens nommés avant 2020 ».
Les syndicats demandaient effectivement « plus d'attractivité pour les jeunes » avec une « rémunération à la juste hauteur du niveau d'étude », a rappelé lundi matin Anne Geffroy-Wernet, présidente du Snphare, lors d'une conférence de presse en ligne avec également l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) et le Syndicat national des médecins hospitaliers (Snmh-FO).
Mais « contrairement à ce qui nous avait été annoncé, il n'y a pas eu la compensation de cette mesure pour les anciens, donc il y a une coexistence de deux grilles d'ancienneté », a-t-elle expliqué. Conséquence : « des médecins se retrouvent alors doublés par les internes qu'ils ont formés. »
Un accord signé par la majorité, se défend Véran
Le ministre de la Santé a bien tenté de tuer dans l'oeuf ce mouvement de mauvaise humeur. Dans un courrier daté du 8 janvier adressé aux praticiens hospitaliers, rendu public ce lundi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a défendu un accord, « signé avec la majorité de vos représentants » (INPH, Snam-HP et CMH, ndlr), qui « va bien au-delà de la seule revalorisation de vos émoluments » pour « emmener des mesures plus structurantes ». « L'intégralité des praticiens hospitaliers qui a un exercice public exclusif voit sa rémunération augmentée », assure Olivier Véran. Deux décrets ont permis d'améliorer l'attractivité en accélérant le début de carrière (suppression des trois premiers échelons) et de donner davantage de perspectives d'évolution dans la deuxième partie de carrière (avec trois échelons supplémentaires en sommet de grille) défend-il encore.
Ce courrier n'a fait qu'attiser la colère du Snphare qui dénonce « une campagne de sape auprès des praticiens pour dénigrer le discours des syndicats ». Selon le syndicat, les nouveaux échelons en fin de carrière reviennent à dire « qu’il faut travailler jusqu’à 70 ans quand on est praticien hospitalier ». Les syndicats à l'origine de ce mouvement espèrent une mobilisation importante dans les hôpitaux même si dans les faits, les médecins seront assignés et seront à leur poste.
Avec AFP
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