Malgré un « volume stable » de 4 millions d'injections réalisées la semaine dernière, force est de constater que le nombre de primo-vaccinations (1,2 million la semaine dernière contre 1,7 million la semaine d'avant) fléchit légèrement en France.
Avec « 2,8 millions de deuxièmes injections la semaine dernière, on constate une montée en puissance de la protection globale des personnes », a tout de même tenu à souligner le ministère de la santé dans son traditionnel point hebdomadaire.
D'ailleurs, « 50 % de la population française est primo vaccinée (...) et 41 % de français affichent un schéma vaccinal complet », a précisé la DGS.
Mais pour atteindre l'immunité collective (estimé à 80-90 % de la population), « le dernier effort est à faire par les Français (...) il faut qu'on arrive à 75 % de primo-injectés (40 millions) avant cet été » a estimé la DGS.
« Actuellement, on dénombre environ 155 000 rendez-vous de primo-injections pris chaque jour. Ce niveau est inférieur à notre potentiel de vaccinations. À court terme, cela se traduit par environ 300 000 rendez-vous de primo-injections vacants par jour (...). C'est une augmentation importante par rapport aux volumes de 10 000 rendez-vous vacants il y a quelques semaines », a averti la DGS.
La menace d'une nouvelle vague avec le variant Delta
Pourtant, avec l'émergence du variant Delta, le ministère est engagé dans un course contre la montre pour atteindre l'immunité collective « au plus vite » et « éviter une nouvelle vague ». « Les données scientifiques qui proviennent du Royaume-Uni montrent que le vaccin est efficace à 70 % dès la première injection (...) », a tenu à souligner la DGS.
Sur France info, le ministre de la Santé Olivier Véran est à son tour intervenu sur l'émergence du variant Delta. « (Il) continue de monter en pourcentage, il n'augmente pas en valeur absolue puisqu'il y a une baisse du nombre de cas (...) mais il devient progressivement dominant. Il représente environ 20 % des nouveaux diagnostics. Ce variant qui est très contagieux va nous mettre devant plusieurs défis », a-t-il avancé.
630 000 doses restent « dans les frigos des médecins, pharmaciens et IDE »
Renouer avec un rythme soutenu de vaccination est donc un enjeu majeur pour le ministère qui a d'ailleurs appelé les professionnels de santé libéraux à poursuivre leurs efforts.
« Le volume de primo-injections en ville est important (...). Néanmoins selon les chiffres arrêtés hier, un stock important de 630 000 doses de vaccins restent dans les frigos des médecins, des pharmaciens et des IDE. Nous ne sommes pourtant pas encore au bout de la cible, il reste encore 4,8 millions de plus de 55 ans qui n'ont toujours pas été vaccinés », a rappelé le ministère.
Pour aider les généralistes à atteindre cette cible, la DGS a précisé les contours d'un dispositif visant à transmettre aux médecins traitants la liste de leurs patients non vaccinés. « C'est un enjeu très important. Nous sommes en ordre de bataille avec l'Assurance maladie pour envoyer ces listes aux médecins. Cela va permettre de cibler les personnes fragiles et d'aller vers eux ».
Interrogé ce matin sur cette possibilité, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a répondu : « Ils (les médecins) l'auront. Je demande à la Cnil de me laisser la possibilité d'envoyer aux médecins généralistes la liste des patients non vaccinés pour mobiliser ceux qui ne l'ont pas été (...). Les Français leur font confiance, ce sont des acteurs clés dans cette campagne de vaccination. »
Pour accélérer la campagne de vaccination, la DGS a également annoncé le déploiement des TROD sérologiques prévaccinal en ville.
Vers une obligation de la vaccination des soignants ?
Interrogée sur les raisons du faible taux de vaccination chez les soignants, la DGS a communiqué sur les derniers chiffres à jour : « Au 21 juin, (seulement) 57 % des personnels d'Ehpad étaient primo-vaccinés. Ce taux s'élevait à 79 % pour les professionnels de santé libéraux. C'est un sujet aussi inquiétant qu'inexplicable », a reconnu la DGS.
Sur France info, Olivier Véran n'a quant à lui pas exclu d'en « passer par la loi » si le « travail de conviction » ne s'avère, cet été, « pas suffisant » pour obtenir un taux de vaccination satisfaisant chez les soignants.
« Je ne peux pas prendre le risque d'avoir des vagues de Covid dans les Ehpad, d'être obligé de refermer les Ehpad (...) et compter les malades et les victimes parce qu'il y aurait une peur qui n'aurait pas pu être combattue et vaincue (...). Si la vaccination est insuffisante, nous irons vers une vaccination obligatoire (des soignants). »
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