C’est une prise de position inattendue. Dans un communiqué, validé par ses membres du Conseil d’administration et diffusé ce 27 octobre, l’Académie nationale de médecine (ANM) partage la synthèse des propositions de son groupe de travail sur les zones médicalement sous-denses. Ses rapporteurs, Pr Patrice Queneau et Pr Rissane Ourabah y détaillent leurs recommandations « afin de promouvoir et faciliter l’exercice médical » dans les déserts médicaux.
Si un grand nombre de recommandations font écho à des mesures du PLFSS 2023, ou à des propositions du gouvernement, de syndicats, d'organisations de professionnelles, d'autres sont plus surprenantes. À l'exemple de la première : l’Académie de médecine préconise de « mettre en place d’urgence un service citoyen médical d’un an pour tout médecin nouvellement diplômé ». L’institution précise que ce service, « organisé dans le territoire par l’ARS en coordination avec la faculté de médecine » sous forme « d’un salariat » serait « maintenu tant que la situation de pénurie l’exigera ».
Majorer les honoraires de 20 % dans les déserts
Pour faciliter les installations précoces, l’ANM appelle de ses vœux « un guichet unique des divers organismes administratifs et de tutelle et une cartographie précise des besoins territoriaux » et également à adopter des incitations financières « notamment des primes d’installation majorées et sécurisées dans le temps ». Une autre proposition consiste à « majorer les honoraires de tous les médecins de 20 % ; cette majoration sera maintenue 2 ou 3 ans après la fin du classement en zone sous-dense. Le surcoût pour l’Assurance maladie doit se concevoir hors l’enveloppe globale budgétaire des actes médicaux. »
L’Académie de médecine appelle également au regroupement des médecins (MSP, CPTS, équipes de soins etc.), à la levée des obstacles administratifs pour les cumuls emploi-retraite, les exercices multisites et les consultations délocalisées. Et à renforcer la sécurité des médecins, en ayant notamment des « connexions directes avec les commissariats ».
Diversifier l’origine sociale des étudiants
L’Académie appelle aussi à « augmenter immédiatement et de manière conséquente le numerus apertus » en l’adaptant aux territoires et à développer dès le deuxième cycle « des stages obligatoires en zones sous-denses ». Un des objectifs est de « diversifier l’origine territoriale et sociale des étudiants » en les motivant « dès le lycée ».
Pour l’ANM, la quatrième année du DES de médecine générale doit être professionnalisante « grâce à des stages ambulatoires » sans « aucune obligation territoriale », en développant « une formation au management du cabinet médical, à la gestion et la fiscalité ». L’institution précise que cette nouvelle année n’est « pas une solution pour pallier les déficits dans les zones sous-dotées ».
Délégations de tâches, assistants médicaux
L’Académie de médecine formule également d’autres propositions pour redonner du temps médical aux médecins. Ainsi l’institution appelle à « optimiser les délégations de tâches à d’autres professionnels de santé, parmi lesquels les infirmiers, les infirmiers en pratique avancée (IPA), les maïeuticiens, les pharmaciens, d’autres soignants et à l’avenir de probables nouveaux métiers de santé ». Avant de préciser que « ces délégations de tâches doivent s’inscrire dans des parcours de soins coordonnés par le médecin, en respectant le champ de compétence de chacun ».
Des mesures administratives sont aussi avancées : simplification des réglementations des barèmes de cotation des actes et des modalités de remboursement du tiers payant, plus grand recrutement d’assistants médicaux, secrétaires et personnel informatique « grâce à des aides financières pérennes ».
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