De nouvelles voix s'élèvent pour une obligation vaccinale des soignants. Devant la progression rapide du variant Delta, le conseil scientifique a rendu aujourd'hui un nouvel avis. Il dit appuyer la « recommandation » du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale pour « aller vers "une obligation vaccinale des soignants" », appelant à accélérer l'adoption de « mesures juridiques et législatives ». Le gouvernement planche actuellement sur un projet de loi qui pourrait être adopté avant la fin juillet et ainsi inclure cette obligation. Mercredi soir, le gouvernement a signé avec les fédérations d'établissements sanitaires et médico-sociaux et ordres de professions de santé, un document en faveur de cette obligation vaccinale.
Le conseil scientifique estime qu'elle « pourrait être étendue à d'autres catégories, comme les "aidants", le personnel des services à la personne ou l'ensemble des professionnels (non sanitaires) exposés et exposant à un risque pour autrui ». Dans son avis, l'instance s'inquiète d'un taux de couverture vaccinale encore « trop bas, parmi les personnels du secteur médicosocial en contact avec des personnes âgées et/ou handicapées en EHPAD, établissements spécialisés ou en ville », soulignant que « seuls 40 % du personnel des EHPAD, public ou privé, seraient vaccinés avec une grande hétérogénéité territoriale ».
Exemplarité et éthique
Dans un communiqué ce matin, le Collège de médecine général (CMG) a lui aussi affirmé son soutien à la proposition d’obligation vaccinale du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale pour les secteurs sanitaire et médico-social. « À ce jour seule la vaccination semble permettre d’enrayer les formes graves de cette maladie. Les données de sécurité et d’efficacité en vie réelle des vaccins contre la Covid-19 autorisés en France démontrent une balance bénéfices-risques largement en faveur de la vaccination », a détaillé le Collège. « La vaccination des professionnels de santé constitue aujourd’hui un enjeu majeur en termes d’exemplarité mais aussi en termes d’éthique : proposer les meilleurs soins passe par une limitation des risques de transmission nosocomiale », poursuit le communiqué.
L’institution présidée par le Pr Paul Frappé rappelle d'ailleurs que « les médecins généralistes sont très majoritairement favorables à la vaccination. Plus de 90 % d’entre eux sont vaccinés, et plus de 80 % d’entre eux se sont investis pour vacciner leurs patients au cabinet ou dans les centres de vaccination. »
Des restrictions cet été
Par ailleurs, le conseil scientifique se dit préoccupé par le niveau de vaccination des « plus de 60 ans et des personnes à risque entre 40 et 60 ans », et des « personnes jeunes à risque et en particulier obèses », alors que « selon les dernières données disponibles, seules 50 % des personnes seraient vaccinées ».
Dans son avis, le conseil se dit également favorable à un abaissement de la jauge (actuellement fixée à 1 000 personnes) pour les événements soumis à un pass sanitaire (vaccination ou test négatif) et à des « mesures partielles de restrictions » dans les zones géographiques les plus touchées, « y compris en juillet et août ».
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