La Commission des affaires sociales du Sénat lance une série de tables rondes sur la maladie de Lyme, dont les deux premières se sont tenues aujourd'hui. Alain Milon, le président de cette Commission les a justifiées en constatant qu'en France, malgré les différentes initiatives des pouvoirs publics - dont un Plan national de prévention et de lutte contre la maladie de Lyme lancé en 2016, la prise en charge de cette affection n'est toujours satisfaisante. Nos élus portent une attention particulière à ce problème, Alain Milon insistant en préambule qu'il est exceptionnel que la Commission des affaires sociales se saisisse d'un sujet centré sur une maladie spécifique.
Alain Milon a en particulier épinglé la Haute Autorité de Santé, en regrettant que son travail de recommandation de bonne pratique n'ait pas apporté des conclusions satisfaisantes : « la HAS a réuni un groupe de travail pluridisciplinaire avec l’objectif de réactualiser les lignes directrices du consensus de 2006. Publiée en juin 2018, la recommandation de la bonne pratique de la HAS propose un cadre de prise en charge diagnostique et thérapeutique rénové. Elle n’a cependant pas emporté le consensus de l’ensemble de la communauté médicale. Certaines questions, dont l’existence éventuelle d’une forme chronique de la maladie de Lyme et la durée pertinente des traitements antibiotiques continue de cristalliser les tensions ».
Pas là pour trancher mais pour approfondir le débat
Aussi, la Commission des affaires sociales du Sénat a-t-elle décidé de s'emparer du sujet, s'appuyant en particulier sur l'expérience de pays occidentaux. « Plusieurs de nos partenaires européens et outre-Atlantique se mobilisent contre la maladie de Lyme : ils se posent les mêmes questions que nous, mais certains sont déjà à se mettre collectivement en ordre de marche. Nous devons faire preuve du même esprit de responsabilité. En tant que parlementaires, il ne nous appartient pas de trancher mais d'approfondir le débat », précise Alain Milon.
Deux thèmes ont été abordés lors de ces tables rondes que l'on peut visionner sur le site du Sénat : le cadrage épidémiologique et biologique, ainsi que les outils d'aide au diagnostic. Ces tables rondes rassemblaient de nombreux experts de l'Inra, l'Anses, du Haut conseil de la santé publique, le directeur du centre national de référence des Borrelia, etc. Les questions des sénateurs ont été nombreuses et diverses, interrogeant les experts sur l'influence des évolutions climatiques, l'efficacité du test Elisa et l'éventuelle extension du test Western Blot, la place des nouveaux tests, en particulier urinaire, etc.
Cette série de tables rondes se termine le mercredi 10 avril. La présidente de la HAS, Dominique Le Guludec, présidente du Collège de la HAS, et Gérard Salomon, directeur général de la santé seront alors présents, puisque le dernier thème est consacré au rôle des autorités sanitaires.
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