Patience, plus que quelques jours avec Marisol Touraine… Les médecins libéraux, qui ne l’aiment guère, vont vivre ce changement de gouvernement comme un soulagement. À la mesure de la rancœur accumulée ces dernières années. Qu’on se souvienne d’Evin, de Barrot, d’Aubry ou de Bachelot, ce n’était pourtant pas la première fois que les médecins de ville se trouvaient en délicatesse avec leur ministre. Mais, question de psychorigidité ou de longévité à son poste, Marisol Touraine a battu tous les records d’impopularité. Elle paie, pour l’essentiel, une concertation bâclée sur la stratégie nationale de santé et la conduite à marche forcée du chantier du TPG… Un désaveu que l’intéressée percevra sans doute comme une injustice. N’a-t-elle pas défendu bec et ongles la liberté d’installation et aménagé un différentiel d’Ondam favorable à la médecine de ville avec, au finish, une revalorisation pour la médecine générale ?
Son successeur sera donc connu la semaine prochaine. Et, compte tenu de ce climat délétère, sa première tâche sera de rétablir la confiance, avec les libéraux de santé en particulier. Avant les législatives, ce devrait même être l’essentiel de son travail. Autant dire qu’empathie et aptitude au dialogue pèseront lourd dans le choix du prochain locataire de l’avenue de Ségur. S’il devait être médecin, comme suggéré par Emmanuel Macron pendant la campagne, ce serait un plus. Et s’il venait de la droite, comme on le murmure parfois, ce pourrait être un gage d’alternance. Dans tous les cas, il ou elle aura la rude tâche d’effacer les mauvais souvenirs de l’ère Touraine, sans pour autant rayer d’un trait de plume sa loi de modernisation de la santé, puisque son abrogation n’est pas au programme.
Au-delà, le nouveau patron de la santé devra néanmoins donner de vrais signes de changement de cap et modernisation du système de soins. Le président élu s’est en effet engagé sur cinq directions : développement de la prévention, décentralisation de la décision, déshospitalisation, remédicalisation des déserts médicaux et amélioration de la couverture santé des assurés. Tous axes sur lesquels la coopération des libéraux de santé semble aussi envisageable… qu’indispensable ! Mais, à l’aune de ce quinquennat, les attentes des syndicats de libéraux sont énormes. Tous réclament un vrai plan d’investissement pour les soins ambulatoires. Il revient au nouveau pouvoir de ne pas les décevoir…
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