Covid-19

Olivier Véran au sujet de l’épidémie : « nous devons rester vigilants »

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Publié le 13/10/2021
Le ministre de la Santé, invité aujourd’hui dans la matinale de France Info, a adopté un ton mesuré face à la décrue de l’épidémie de Covid-19 en France.

Crédit photo : GARO/PHANIE

« Nous n'avons pas encore écrasé le virus et nous aurions tort de considérer que l'épidémie est totalement derrière nous. » Le ministre de la Santé Olivier Véran s’est voulu prudent, ce matin sur France Info, au sujet d'une possible fin de l’épidémie.

Il reconnaît volontiers que « 4 000 malades par jour, nous savons gérer, avec la vaccination qui protège et limite les cas graves. Nous n'avons pas un afflux de malades continu dans les hôpitaux comme on l'avait connu ». En revanche, il remarque une « stagnation, voire petite augmentation » du nombre de cas, mais « rien de catastrophique à ce niveau de circulation du virus ».

Ne pas relâcher les efforts

Le ministre en appelle donc à la responsabilité collective : « nous devons rester vigilants ». Ce n’est pas maintenant que les mesures vont s’alléger. « Il est hors de question de relâcher nos efforts alors que l’épidémie est sous contrôle », a-t-il ajouté.

Olivier Véran a confirmé qu'à partir de vendredi, les tests de dépistage au Covid-19 seront en partie payants. Ils resteront gratuits pour toutes les personnes vaccinées contre le Covid-19, même les tests de confort servant notamment à voyager, a précisé l'occupant de Ségur. Par ailleurs, les personnes non-vaccinées devront obtenir une prescription par un professionnel de santé si elles souhaitent voir leur test remboursé.

Pas touche au passe avant le 15 novembre

Quand le taux d’incidence est en dessous de 50, les masques peuvent être retirés dans les écoles, a indiqué le ministre de la Santé. C'est déjà le cas dans 68 départements au 11 octobre. Quant au passe sanitaire, le gouvernement a choisi de se conformer à l’avis du Conseil scientifique, lequel recommande de ne pas l’enlever – a minima – avant le 15 novembre. Le projet de loi prolongeant jusqu'au 31 juillet 2022 le recours possible au passe est d’ailleurs présenté ce mercredi au Conseil des ministres.

Mardi, 5 880 nouveaux cas de Covid-19 ont été recensés en France, selon les chiffres de Santé publique France. Sur les 6 629 personnes hospitalisées, 1 111 se trouvaient en réanimation. Ces dernières 24 heures, 53 personnes sont décédées du virus, à l'hôpital.

Quid d’un potentiel rebond de l'épidémie cet hiver ? « J'espère qu'il n'y aura pas de nouvelle vague. Aujourd'hui, nous n'avons pas de raison de penser qu'il y ait une vague comme celles que nous avons connues, puisqu'il n'y a pas de nouveaux variants qui aient émergé ou aient été identifiés », a rassuré Olivier Véran.

Un rappel anti-Covid prioritaire

Vacciner les derniers récalcitrants, tel est le but de fin d’année du ministre de la Santé, lequel précise que « plus de 500 000 personnes de plus de 80 ans » ne sont pas vaccinées. Pour changer ça, un numéro national pour prendre rendez-vous à domicile va être lancé en fin de semaine.

Mais l’enjeu des prochaines semaines sera également le rappel du vaccin anti-Covid. « Cinq millions de personnes sont appelées à recevoir une dose », un objectif qui n’est pour l’instant pas atteint. En revanche, pour le moment, « la Haute Autorité de santé n'a pas de recommandation pour un rappel en population générale ».

Grippes, bronchiolites et vaccination

En revanche, à la faveur de l’automne et du froid, gare aux autres virus, a alerté le ministre. Olivier Véran a rappelé l’importance de continuer à bien se laver les mains. « La vie a repris un cours plus normal et donc les virus recommencent à circuler », évoquant notamment la grippe « qui sera sans doute plus forte que l’année dernière ».

Le ministre rapporte que seront disponibles « 10 millions de vaccins dès le premier jour de la campagne, contre 4 l’année dernière ». Ce dernier a également rassuré : le vaccin de Sanofi, au prix de 30 euros, sera bien remboursé par l’Assurance maladie. Entre l’impact financier d’une grippe « costaud », à hauteur d’un milliard d’euros et le remboursement du vaccin, « le choix est très vite fait » pour le ministre. De même, « la bronchiolite est de retour, hélas », a-t-il confirmé.

Plus de cluster dans les hôpitaux

Olivier Véran s’est également félicité du fait qu’il n’y ait « plus de cluster dans les hôpitaux » grâce à l’obligation vaccinale des soignants. Aujourd’hui, « aux alentours de 15 000 soignants » ne se sont pas fait vacciner contre le Covid-19, estime-t-il. « Nous étions à 0,9 % du personnel qui n'était pas vacciné et qui était suspendu ou suspendable, nous sommes descendus aujourd'hui à 0,6 %. À mesure que le temps passe, celles et ceux qui font vraiment le choix de démissionner pour ne pas être vaccinés deviennent l'exception », assure le ministre de la Santé.

Autre sujet abordé dans l’interview : l’IVG. « Je soutiens la prolongation du délai de l’IVG en France », a assuré Olivier Véran, après la récente déclaration de Christophe Castaner, souhaitant un allongement de douze à quatorze semaines. « Le Conseil d'éthique nous dit qu'il n'y a pas de barrière éthique. Il y a un consensus professionnel qui s'est fait jour pour pouvoir allonger ce délai. Je vois la démarche parlementaire d'un bon œil », assure le ministre de la Santé. Dans le détail, sur 22 membres, 21 ont voté pour, un s’est abstenu.


Source : lequotidiendumedecin.fr