Pas de suspension du vaccin d’AstraZeneca en vue en France

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Publié le 12/03/2021
Un flacon du vaccin anti-Covid-19 d'AstraZeneca ®

Un flacon du vaccin anti-Covid-19 d'AstraZeneca ®
Crédit photo : GARO/PHANIE

« Il n’y a pas lieu [à ce stade] de suspendre l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca. » C’est ce qu’a martelé Olivier Véran lors de sa conférence de presse jeudi soir. Un message visant à rassurer quant à la sécurité du vaccin anglo-suédois.

Depuis le début de la semaine, celui-ci est de nouveau pointé du doigt suite à deux cas d’évènements thromboemboliques graves (dont un mortel) survenus en Autriche chez des patients ayant reçu ce vaccin. Ainsi deux lots ont-ils déjà été retirés des marchés autrichien, estonien, lituanien, letton, luxembourgeois, italien et roumain. De leur côté, d’autres pays, à l’instar du Danemark, de l’Islande, de la Finlande, de la Bulgarie, voire, hors UE, de la Thaïlande, ont procédé à la suspension pure et simple de l’utilisation du vaccin jusqu’à ce que l’EMA finisse d’analyser ce signal de sécurité potentiel, en appelant à un principe de précaution.

Pas de lien établi avec la vaccination en Europe comme en France

En revanche aucune suspension ne semble d’actualité en France. Une décision justifiée par le ministre de la Santé par la position rassurante des agences du médicament européenne et nationale.

Côté européen, l’EMA avance en effet qu’aucun lien n’a pour le moment pu être scientifiquement établi entre ces déclarations d’évènements thromboemboliques et le vaccin d’AstraZeneca. « Il n’y a actuellement aucune indication que la vaccination ait causé ces incidents, qui ne sont pas répertoriés parmi les effets secondaires de ce vaccin », insiste l’agence qui a recensé 30 cas en Europe sur environ 5 millions de personnes vaccinées avec le vaccin AstraZeneca à ce jour. « Le nombre d’évènements thromboemboliques chez les patients vaccinés n’est pas supérieur à celui qui serait habituellement observé et attendu dans la population générale. »

Même analyse en France, où un cas de thrombose multiple a été rapporté selon le dernier point hebdomadaire sur la surveillance des vaccins de l’ANSM, mais sans que « rien ne permette de conclure que cet effet soit en lien avec le vaccin [d’AstraZeneca] au regard des données disponibles ».

Pour l’EMA « les bénéfices du vaccin continuent donc de dépasser ses risques » - déclaration abondamment reprise et expliquée par Olivier Véran jeudi soir. Du point de vue des agences européenne et française, qui prévoient toutefois de poursuivre l’examen de ces incidents thromboemboliques, « le vaccin peut [donc] continuer à être administré » en attendant les résultats des investigations. Une conclusion partagée par l’OMS, qui appelait ce matin à poursuivre la vaccination, rappelant qu’à la date du 9 mars, aucun cas de décès n’a encore été lié à l’administration de vaccins contre le Covid-19 – dont près de 270 millions de doses ont pourtant été utilisées.

Un autre signal de sécurité validé par l’EMA

À noter toutefois qu’un tout autre signal de sécurité associé au vaccin d’AstraZeneca s’est confirmé cette semaine. « [L’EMA] conclut à un signal de sécurité d’anaphylaxie avec le vaccin anti-Covid-19 d’AstraZeneca », rapporte l’instance européenne. Au total, l’identification de ce signal reposerait sur 41 cas d’anaphylaxie déclarés sur 5 millions de vaccinations réalisées au Royaume-Uni. En pratique, la confirmation de cet effet indésirable rare devrait seulement mener à la modification du résumé des caractéristiques du produit (RCP) du vaccin.

Autre problématique émergente : celle de thrombopénies potentiellement liées non seulement au vaccin d’AstraZeneca, mais aussi à Comirnaty et au vaccin de Moderna. Plusieurs cas auraient en effet été déclarés en Europe comme en France. Ainsi l’EMA promet-elle d’évaluer « toutes les données disponibles pour décider si une relation causale est confirmée ou non », et l’ANSM de surveiller ce signal potentiel.


Source : lequotidiendumedecin.fr