Vaccination : le ministère de la Santé fait pression sur la ville pour écouler Moderna

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Publié le 25/05/2021

Crédit photo : GARO/PHANIE

« Tous les yeux sont braqués sur la ville » assure le ministère de la Santé dans un point presse à la mi-journée, après l'introduction de Moderna en cabinet dès cette semaine. Quelque 32 000 flacons ont été commandés par les médecins généralistes ; lesquels seront livrés entre le 26 et le 28 mai pour la grande majorité, en début de semaine prochaine pour les derniers.

« On a répondu à la demande de la ville » martèle Ségur à de multiples reprises, comme pour souligner sa capacité d’écoute et d'action. La commande de 400 000 doses de Moderna permettra selon lui d’alimenter à la fois les expérimentations en entreprise (chez la RATP, Veolia, Danone ou encore La Poste, par exemple), mais également les deuxièmes doses et le circuit de ville, auquel les doses sont désormais réservées.

Pas de troisième dose… pour l'instant

Le ministère souhaite que le taux d’utilisation de plus de 80 % en centre de vaccination pour Moderna soit le même en ville. À titre de comparaison le taux d’utilisation, au 23 mai, du vaccin AstraZeneca est de 60 % et celui de Janssen 30 %. Pfizer, lui, est utilisé à 93 %. Une campagne de communication devrait d'ailleurs être mise en œuvre pour favoriser l’emploi d’AstraZeneca dans les semaines à venir.

Quant à l’interview de Stéphane Bancel, PDG de Moderna, dans le JDD, où ce dernier affirmait notamment qu'une troisième dose de vaccin est nécessaire pour les personnes les plus vulnérables, Ségur réplique sèchement que « le sujet appartient aux scientifiques et pas au patron d’un laboratoire ». Si un rappel du vaccin était toutefois préconisé, l’organisation sera anticipée dans l’ordre de vulnérabilité des personnes.

79 % de primovaccinés chez les plus de 70 ans

L’objectif de 30 millions de primo-injectés à la mi-juin sera donc a priori tenu pour le ministère, car le rythme de vaccination est « haut et permanent ». La semaine dernière, 3,6 millions de doses ont été injectées ; ce sera a priori le même nombre cette semaine. Chez les plus de 70 ans, 79 % sont primo vaccinés ; chez les plus de 60 ans, 74 % ; et chez les plus de 50 ans, 66 %.

Dès cette semaine, sont éligibles : les personnes en grande précarité sans condition d’âge, comme les professionnels à risque (dont les enseignants, policiers, caissières etc.). Le 31 mai, toutes les personnes de plus de 18 ans seront éligibles pour les vaccins ARNm et les plus de 55 ans auront accès aux quatre vaccins. Une stratégie d’« aller vers » sera également lancée pour convaincre les publics prioritaires toujours pas vaccinés.

Des assouplissements cet été

Parmi les autres enjeux de cette campagne vaccinale, le ministère va continuer, dans certains territoires, de déployer la stratégie « en anneau », comme à Brest, en Bretagne ou Bordeaux, en Nouvelle-Aquitaine. Elle consiste à faire une opération « coup de poing » de vaccination massive dans les zones délimitées où un variant a été détecté.

Autre point essentiel : le respect des recommandations de vaccination unidose pour ceux qui ont déjà été contaminés par le Covid-19, pas assez mis en place selon Ségur. Pour la vaccination des adolescents, avancée par le Pr Alain Fischer, le ministère se rangera derrière la décision de l’AME qui doit se prononcer en fin de semaine suivi de l’avis de la HAS dans la foulée.

Enfin, cet été, des doses supplémentaires seront placées dans les zones touristiques pour permettre des deuxièmes injections dans un lieu différent des premières ; des assouplissements sur l’espacement entre les deux doses sont également étudiés actuellement. Le gouvernement évoque par ailleurs la possibilité d'une courbe de vaccination « qui se tasserait », une fois une majorité de personnes vaccinée, comme ça a été le cas dans d'autres pays comme Israël. En France, elle devrait ralentir autour de 55, voire 60 % de vaccination. Le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale réfléchit actuellement à la question.


Source : lequotidiendumedecin.fr