DEUX ÉTUDES publiées au début de l’année ont souligné l’aptitude des chiens à dépister des cancers. Dans la première (1), un berger belge malinois a été spécifiquement dressé pour reconnaitre des échantillons d’urine contenant des composés organiques volatils (COV), qui seraient un indicateur d’agressivité de cancers prostatiques. Après une période de dressage de seize mois, le chien a effectué des parcours tests sur des urines de 66 patients adressés en consultation pour une élévation du PSA ou des anomalies au toucher rectal. Après biopsie prostatique, les patients étaient pour moitié considérés comme indemnes, tandis que l’autre moitié avait des prélèvements positifs. Au terme de multiples parcours, le chien a identifié 30 des 33 échantillons positifs. Il a également jugé comme positifs 3 échantillons d’urine de témoins, une tumeur maligne ayant finalement été retrouvée chez l’un deux après nouvelle biopsie. Au total, les auteurs de l’étude estiment la sensibilité et la spécificité de la méthode à 91 %. Ce travail français souligne bien l’existence d’une signature odoriférante du cancer de la prostate, qui découlerait d’un ou de plusieurs métabolomes qui restent à déterminer. Bien sûr, l’étude a des limites, notamment le fait qu’elle ne s’appuie que sur un seul chien. Mais elle ouvre la voie de la détection des COV dans les urines pour le dépistage du cancer de la prostate.
Des composés spécifiques des cancers.
Publiée deux jours plus tard, la deuxième étude (2), japonaise, relate cette fois la capacité d’une femelle retriever à détecter les cancers colo-rectaux sur des échantillons d’air expiré et de selles liquides prélevés respectivement chez 33 patients et 132 témoins et chez 37 patients et 148 témoins. Là aussi, le chien avait bénéficié d’un entraînement spécifique durant plusieurs années. Pour les échantillons d’air expiré, la sensibilité du flair du retriever a été de 91 % et sa sensibilité de 99 %. Pour les selles liquides, ces chiffres ont été respectivement de 97 et 99 %. La détection a été plus efficace pour les formes débutantes de cancer. Les auteurs de ce travail ont montré que ce dépistage n’était perturbé ni par le tabagisme, ni par des odeurs d’hémoglobine ou de transferrine, ni par des affections bénignes ou inflammatoires coliques.
Le fait que tous les échantillons de selles, sauf un, aient été correctement identifiés, constitue, pour les auteurs, un argument en faveur de la présence de COV, spécifiques du cancer colo-rectal, voire des cancers en général. En effet, la chienne a identifié de façon correcte des prélèvements d’air expiré et de selles liquides réalisés chez des patients ayant d’autres types de cancer – sein, estomac ou prostate. Les échecs de la femelle retriever (1 sur 38 échantillons de selles et 4 sur 36 échantillons d’air expiré, dont deux échantillons d’un même patient) suggèrent que quelques cancers échappent à ce mode de détection.
(1) European Urology 59 (2011):197-201.
(2) Gut (2011). doi:10.1136/gut.2010.218305.
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