S’ALIMENTER et communiquer sont ces fonctions aussi vitales qu’une technique récente de radiothérapie permet de préserver dans les cancers ORL. Une étude britannique multicentrique, la première randomisée et contrôlée, vient de montrer que la radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité (IMRT) pour les carcinomes épidermoïdes diminue la xérostomie à long terme en permettant de ne pas irradier les glandes parotides. Plus précise en ciblant la tumeur et en évitant les tissus sains, cette technique confirme sa supériorité sur la radiothérapie conventionnelle dans les cancers de la tête et du cou. Les bénéfices salivaires observés à un an après l’irradiation étaient maintenus à deux ans, ainsi que l’amélioration de la qualité de vie. Et ce sans que la survie globale ne soit différente entre le groupe IMRT et le groupe radiothérapie conventionnelle.
L’objectif de la radiothérapie conformationnelle est de diminuer la dose délivrée aux tissus sains entourant la tumeur, d’augmenter la dose dans la tumeur et d’obtenir un meilleur contrôle local. Le terme « conformationnel » explicite bien le fait que les isodoses sont au plus proche de la forme de la lésion tumorale. La technique avec modulation d’intensité est la plus perfectionnée.
Des carcinomes épidermoïdes
Six centres britanniques ont participé à l’étude. Les patients éligibles avaient un cancer épidermoïde des voies aériennes digestives supérieures, oro- ou hypopharynx, devant être traités par radiothérapie première ou en postopératoire. Le risque de xérostomie était élevé, puisque la dose moyenne classiquement délivrée aux deux parotides est de l’ordre de 24 Gy. Après randomisation, chacun des deux bras, IMRT et radiothérapie conventionnelle, était composé de 47 patients.
Dans l’étude, la xérostomie était évaluée à l’aide d’une échelle spécifique la LENT SOMA (en anglais pour Late Effects of Normal Tissues), cotée de 0 à 4, une valeur de 0 correspondant à l’absence de xérostomie. L’incidence de la sécheresse buccale était mesurée par le nombre de sujets ayant une xérostomie cotée à plus de 2. Le suivi moyen était de quarante-quatre mois. Six patients sont décédés avant un an dans chacun des 2 groupes, sept patients du groupe conventionnel et 2 du groupe IMRT n’ont pas été évalués à deux ans.
À douze mois, la sécheresse buccale était significativement moins fréquente dans le groupe IMRT (25 des 34 patients du groupe conventionnel, versus 15 des 39 du groupe IMRT, soit 74 % versus 38 %). L’asthénie était le seul effet secondaire grave plus fréquent dans le groupe IMRT (18 des 44 sujets du groupe conventionnel versus 35 des 47 du groupe IMRT, soit 41 % versus 74 %).
À deux ans, les bénéfices salivaires se sont confirmés avec 83 % du groupe conventionnel ayant une bouche sèche versus 29 % dans le groupe IMRT. Au vu de leurs résultats à long terme sur la xérostomie et la qualité de vie, les auteurs se prononcent en faveur d’une utilisation systématique de la technique d’IMRT pour tous les cancers épidermoïdes de la tête et du cou.
Lancet Oncology, publication en ligne du 13 janvier 2011. DOI:10.1016/S1470-2045(10)70290-4
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