Attention aux risques d’ulcérations avec les médicaments contenant du nicorandil, indiqués en dernière intention dans l’angor, alerte l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), ce 12 novembre. « Malgré des alertes et recommandations adressées aux professionnels de santé en 2012 et en 2015, des cas d’ulcérations et de complications graves liées à l’utilisation de ces médicaments continuent d’être signalés », déplore l’agence.
Le nicorandil est indiqué en troisième intention dans le traitement symptomatique des patients adultes atteints d’angor stable insuffisamment contrôlés ou qui présentent une contre-indication ou une intolérance aux traitements de première intention (bêtabloquants et/ou antagonistes calciques notamment). Les dérivés nitrés à libération prolongée constituent également une option préalable.
Le nicorandil peut entraîner, dès les premières semaines de traitement ou plusieurs années après, des ulcérations graves, pouvant toucher simultanément plusieurs parties du corps (peau, muqueuses, œil) et évoluer vers des complications sévères : perforation, fistule, abcès, voire hémorragie gastro-intestinale. Ces risques sont particulièrement augmentés chez les personnes âgées, polymédiquées, (il est d’ailleurs classé parmi les médicaments potentiellement inappropriés – MPI) et les personnes atteintes de maladies diverticulaires, précise l’ANSM dans un communiqué.
Arrêter le traitement immédiatement et définitivement
En cas d'ulcération, quelle que soit la localisation, le traitement par nicorandil doit être arrêté immédiatement, et définitivement. Et ceci dès les signes évocateurs. Les ulcérations qu’il provoque ne guérissent pas avec les traitements habituels, même après une chirurgie. Seul l’arrêt du traitement permet généralement la cicatrisation, en quelques semaines à plusieurs mois selon la gravité de l’atteinte.
Plus globalement, l’ANSM invite les médecins à privilégier les traitements de première et seconde intentions dans le traitement de l’angor stable (bêtabloquants, inhibiteurs calciques, dérivés nitrés à libération prolongée).
L’ANSM rappelle les contre-indications du nicorandil : hypersensibilité à la molécule ou à l’un des excipients ; choc (notamment choc cardiogénique), hypotension sévère, ou dysfonction ventriculaire gauche associée à une faible pression de remplissage ou à une décompensation cardiaque ; utilisation d’inhibiteurs de la phosphodiestérase 5 ou de stimulateur(s) de la guanylate cyclase soluble ; hypovolémie ; œdème aigu du poumon.
L’association du nicorandil avec les corticoïdes et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), notamment l’aspirine, est fortement déconseillée, car elle augmente le risque d’ulcération et d’hémorragie digestive. Il est notamment conseillé un relais vers un autre antiagrégant plaquettaire que l’aspirine dans le cadre de la prévention cardiovasculaire.
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