Dermatologie

Olumiant bientôt pris en charge dans la pelade sévère

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Publié le 19/01/2024
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Le baricitinib (Olumiant), inhibiteur sélectif des Janus kinases, a obtenu un avis favorable au remboursement dans le traitement de la pelade sévère de l’adulte.

La pelade, qui touche environ 1 à 2 % de la population, est une maladie inflammatoire chronique à médiation auto-immune

La pelade, qui touche environ 1 à 2 % de la population, est une maladie inflammatoire chronique à médiation auto-immune
Crédit photo : VOISIN/PHANIE

La commission de la transparence de la Haute Autorité de santé a donné un avis favorable au remboursement du baricitinib dans la pelade sévère. Cet inhibiteur de JAK avait obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans l’indication en juin 2022, un an avant le Litfulo (ritlécitinib). Les études Brave-AA1 (phase2/3) et Brave-AA2 (phase 3) ont montré son efficacité sur la repousse des cheveux, des sourcils et des cils.

La pelade, qui touche environ 1 à 2 % de la population, est une maladie inflammatoire chronique à médiation auto-immune, (faisant intervenir entre autres la voie de signalisation JAK-STA), caractérisée par une perte brutale de cheveux ou de poils sous forme de plaques. La forme sévère représente 10 % des cas et elle peut être associée à des comorbidités atopiques. « L’impact sur la qualité de vie n’est pas à sous-estimer et doit être évalué afin de proposer un soutien psychologique adéquat », a souligné le Pr Thierry Passeron (CHU de Nice). Jusqu’alors, la prise en charge reposait uniquement sur des traitements utilisés hors AMM et il n’existe pas de recommandation.

Une réponse maintenue à long terme

Ont été inclus 1 200 patients adultes, présentant une pelade sévère à très sévère mesurée par le score Salt (Severity of Alopecia Tool) ≥ 50, avec une phase d’induction de 36 semaines, suivie d’une phase d’extension ouverte jusqu’à 200 semaines.

Dans l’étude Brave-AA1, le baricitinib aux dosages 4 et 2 mg a été supérieur au placebo sur le pourcentage de patients ayant atteint un score Salt ≤ 20 à la semaine 36 (35,2 % et 21,7 % respectivement dans les groupes 4 et 2 mg versus 5,3 % dans le groupe placebo). Le baricitinib 4 mg a également été supérieur au placebo sur la repousse complète ou quasi complète des sourcils à la semaine 36 (31,4 % versus 3,2 %) mais aussi des cils (33,5 % versus 3,1 %). Les résultats sont pratiquement similaires dans l’étude Brave-AA2 sur le score Salt ≤ 20 à 36 semaines.

Pour le long terme, les deux études combinées rapportent environ 90 % de patients toujours répondeurs Salt ≤ 20 à la semaine 104 parmi ceux qui l’étaient à la semaine 52 : 90,7 % (117/129) des patients traités avec le dosage à 4 mg et 89,2 % (58/65) de ceux traités avec le dosage à 2 mg dans Brave-AA2.

Les données de tolérance ne rapportent pas de nouveaux événements par rapport à ceux mentionnés dans la dermatite atopique ou la polyarthrite rhumatoïde. Les effets indésirables fréquents sont les céphalées, les rhinopharyngites, les infections respiratoires supérieures ou l’acné. La prescription du baricitinib doit respecter les précautions d’emploi des inhibiteurs de JAK dans les maladies inflammatoires chroniques chez les personnes à risque accru d’événement cardiovasculaire, thrombo-embolique veineux et de cancer.

Conférence de presse Lilly


Source : lequotidiendumedecin.fr