LA CONTRACEPTION d’urgence, improprement baptisée pilule du lendemain (s’il est préférable de la prendre le plus rapidement possible après le rapport sexuel, on peut l’utiliser dans les trois jours suivants), a marqué un tournant dans la vie des femmes, en leur offrant la possibilité d’accéder à une contraception « de rattrapage » en cas d’oubli de pilule ou d’échec d’un autre moyen contraceptif. Pour les jeunes filles, cela a même été une révolution, puisque depuis 2002 la délivrance est anonyme et gratuite pour les mineures en pharmacie.
La France a d’ailleurs été pionnière, puisque c’est le premier pays à avoir autorisé, un mois après l’AMM de Norlevo en avril 1999, sa vente libre en pharmacie sans prescription médicale, décision, qui, on s’en souvient, avait suscité un certain nombre d’inquiétudes, voire de critiques.
Après dix ans d’utilisation, on peut être rassurant : la méthode n’est pas dangereuse ; elle est efficace à condition de prendre le comprimé le plus rapidement possible et au plus tard dans les 72 heures suivant un rapport sexuel non ou mal protégé ; les femmes n’en font pas un usage « abusif » ; la contraception régulière n’a pas régressé et les IST n’ont pas augmenté. « La contraception d’urgence est utilisée pour pallier les défaillances de la contraception plus que son absence », souligne le Dr Caroline Moreau, épidémiologiste à l’INSERM, qui précise que « deux tiers des grossesses non prévues surviennent sous contraception. »
Très largement sous utilisée.
La contraception d’urgence reste néanmoins très largement sous utilisée, comme en témoigne le nombre stable d’IVG. Chaque année, une femme sur trois est potentiellement exposée au risque d’une grossesse non prévue, mais seulement 11 % ont recours à la contraception d’urgence. Cette sous-utilisation tient au fait que les femmes ont une mauvaise perception du risque de grossesse. La plupart de celles qui ont recours à une interruption de grossesse ne se pensaient pas à risque. Elles ne s’en inquiètent généralement qu’en cas de rapport non protégé autour du 14 ° jour du cycle, alors que « on peut être enceinte à n’importe quel moment du cycle » précise le Dr Élisabeth Aubinet, gynécologue, qui ajoute « l’ovule est volage et les spermatozoïdes sont tenaces ». Les femmes de plus de 25 ans semblent moins bien informées que les plus jeunes, et pourtant elles sont tout autant concernées par l’éventualité d’une grossesse non désirée, ajoute le Dr Moreau.
Norlevo, qui, depuis 2004, se présente sous forme d’un seul comprimé de 1,5 mg de levonorgestrel, est commercialisé par les laboratoires HRA Pharma.
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