Insuffisance cardiaque : pour s'en protéger les hommes doivent être non pas minces mais très minces à l'âge de 18 ans

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Publié le 17/06/2016
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Crédit photo : S. TOUBON

Le risque d'insuffisance cardiaque (IC) à la cinquantaine augmente dès que l'indice de masse corporelle (IMC) à la sortie de l'adolescence est au-dessus de la valeur normale de 20, selon une étude suédoise publiée dans la revue « European Heart Journal ».

Dans une large cohorte de plus de 1,6 million de jeunes conscrits âgés de 18 ans et demi en moyenne, l'équipe de l'université de Gothenburg montre qu'à partir de ce seuil chaque point d'IMC supplémentaire augmente de 16 % le risque d'insuffisance cardiaque jusqu'à le multiplier par 10 pour un IMC ≥ 35.

Un risque multiplié par 10 en cas d'obésité sévère

Pour Annika Rosengren, premier auteur : « Bien que la plupart des études définissent le poids normal par un IMC compris entre 18,5 et 25, ce n'est probablement pas une définition appropriée chez les jeunes, la plupart d'entre eux sont naturellement minces. Ce doit être pourquoi il existe une augmentation du risque d'IC pour un IMC assez bas. Cependant, c'était surprenant d'observer une augmentation aussi abrupte dès un IMC > 20. »

Par rapport aux jeunes hommes ayant un IMC entre 18,5 et 20, ceux ayant un IMC entre 20 et 22,5 ont un risque d'IC augmenté de 22 %, après ajustement. Le risque double pour un IMC à 22,5-25, puis triple pour la tranche 25-27,5, est multiplié par 6 pour 30-35 et enfin par 10 pour un IMC ≥ 35.

Renforcer les mesures de prévention auprès des jeunes

La limite principale de l'étude est l'absence de données sur la prise de poids ultérieure au cours du suivi mené en moyenne sur 20 ans. Il est possible qu'un poids légèrement augmenté soit un indicateur de risque d'obésité future, qui est en elle-même un facteur de risque d'IC. Néanmoins, le large effectif sur plus d'1,6 million d'individus est un élément rassurant.

Pour les auteurs, ces résultats pointent la nécessité de renforcer les mesures de prévention auprès des jeunes. « L'écrasante majorité des jeunes ont un risque extrêmement faible de tels problèmes (...). Cependant, nos résultats montrent l'importance du poids à l'adolescence et suggèrent d'insister davantage sur le maintien d'un poids de forme dès le jeune âge comme mesure préventive. »

Dr Irène Drogou

Source : lequotidiendumedecin.fr